Visite de la Tour Saint-Jacques : la plus belle vue de Paris !

Retour sur la visite privée et guidée de la Tour Saint-Jacques, l'un des monuments les plus boudés de la capitale et pourtant, l'un des plus insolites. Suivez le guide !

Fin juillet, j’ai reçu, sur Instagram, une invitation de l’agence Des Mots et Des Arts, spécialiste des visites guidées sur Paris, pour découvrir l’intérieur de la Tour Saint-Jacques et humer l’air de la capitale à 52 mètres de hauteur. Leur objectif ? Faire profiter d’une visite guidée, privée et gratuite de ce lieu à des blogueurs, influenceurs, passionnés de l’Histoire de Paris pour faire la promotion de leur activité; du gagnant-gagnant ! Ni une ni deux, j’ai accepté l’invitation et marqué d’une croix rouge la date de l’évènement sur mon agenda.

Il faut savoir que la Tour Saint-Jacques n’est ouverte au public que depuis 2013, après 7 longues années de rénovation et 8 millions d’euros dépensés. Les visites se font par petits groupes de 17 personnes maximum durant quatre mois dans l’année, entre juin et novembre. La raison : une tour fragile qui n’est pas aux normes de sécurité actuelles.

Depuis 2013, la tour peine à attirer le plus grand nombre, à l’ombre des grands monuments avoisinants et ce malgré une situation géographique idéale, à deux pas de l’Ile de la Cité, au croisement entre la Place du Châtelet et la rue de Rivoli. Des Mots et des Arts, qui a répondu à un appel d’offre de la Mairie de Paris pour avoir l’exclusivité des visites guidées de la Tour Saint-Jacques, m’a expliqué avoir des difficultés à attirer du monde car le lieu a été longtemps fermé au public et une partie des Parisiens (comme les touristes) ne sont pas encore très au fait des visites au sein de la tour. Je me suis moi-même étonné du peu de publicité faite à l’entrée et autour du square; un simple écriteau sur la grille d’entrée indique les jours et heures de visites de la tour. Pourtant, cette colonne de pierre possède de sérieux atouts qui pourraient faire rougir les monuments les plus populaires de la capitale.



Un peu d’histoire

Depuis sa création en 1509, la Tour Saint-Jacques n’a pas toujours été seule locataire des lieux. Aujourd’hui, elle est le seul vestige existant de l’Eglise Saint-Jacques-de-la-Boucherie, vendue à la Révolution comme carrière de pierres puis détruite quelques années plus tard. Seule sa tour-clocher a été préservée, grâce à une clause dans l’acte de vente interdisant sa démolition.  De sa fonction première de clocher d’église, la Tour Saint-Jacques a été utilisé pour plusieurs activités inattendues au cours des 2 derniers siècles. Découvrez au fil de la visite comment un édifice religieux a pu devenir fonderie pour fabriquer des billes de plomb ou station météorologique pendant plus d’un siècle.

La visite de la Tour

Avant même de passer la grille d’entrée de la tour, vous pourrez vous réserver quelques minutes de promenade dans le square qui entoure et sublime l’édifice. Cet espace vert, rénové en 1997, est sortie de terre durant les grands travaux Haussmannien, considéré comme le tout premier dans Paris au cours du second empire. Malheureusement pour moi, je n’ai pu en profiter qu’après la visite, accumulant un certain retard dans les bouchons, je suis arrivé 20 minutes après le début de la visite…

Statue de Blaise Pascal au pied de tour

Après avoir gravi les quelques marches du socle de la tour, vous tomberez nez-à-nez avec une représentation statuaire du philosophe et scientifique Blaise Pascal. Au milieu du XVIIème siècle, le penseur aurait utilisé la tour comme lieu d’expérimentation sur la pesanteur de l’air et l’aurait sauvé de la démolition par sa simple influence, vouant un certain attachement à l’édifice. Je dis bien « aurait » car aucun élément évident ne le prouve aujourd’hui.



Tour Saint-Jacques : une ancienne station météorologique

Après une ascension épique de la tour par un escalier étroit en colimaçon, et un passage par une pièce où des moulages d’époque sont entreposés, nous voici à 25 mètres au dessus du sol, dans une pièce d’environ 30 m2, tout de jaune vêtu et ressemblant à un décor de cinéma. De 1891 à 1999, cette plateforme, qui est resté dans son jus et qui étonne par son architecture contemporaine, aura servi de station météorologique, en annexe à l’Observatoire de Montsouris dirigé par un certain Joseph Jaubert. Les équipements de mesure installés en haut de la tour, faisaient de l’édifice une place de choix pour récolter des données précises sur le temps parisien.

Aucune chance de ne pas lever les yeux au ciel après avoir passé le palier de cette pièce. Pour cause, plus de 25 mètres de vide pour sépare du sommet de la Tour. Vous pourrez apprécier, sans modération, la structure interne de l’édifice ainsi que les vitraux frappés des monogrammes NF (Nicolas Flamel – donateur pour l’embellissement de l’Eglise Saint-Jacques) et TB (Théodore Ballu – architecte en charge de la reconstruction de la Tour Saint-Jacques).

Sur le (presque) toit de Paris

On ne va pas se leurrer, le moment que tout visiteur attend avec impatience durant l’ascension, est la vue de Paris à 360° depuis le toit de la Tour Saint-Jacques. L’expérience tient toute ces promesses une fois là-haut. Après 300 marches gravies, j’ai bien été obligé de dresser un constat clair sur ma forme physique : il faut que je reprenne le sport !



Même si ce point de vue n’est pas le plus haut de la capitale, en-dessous des indétrônables Tour Eiffel et Tour Montparnasse, il reste incontournable pour observer Paris sous toutes ces coutures. La localisation centrale de la tour, à deux pas de l’Ile de la Cité, nous permet d’atteindre, à vue d’homme, les monuments les plus populaires de la capitale : le Sacré-Coeur et le Centre Pompidou à gauche, Notre-Dame et le Panthéon à droite, les Invalides, la Tour Eiffel et la Seine derrière nous.

Profitez vite et bien de la vue car nous ne pourrez pas éternellement y rester, l’agence vous demandera rapidement (10-15 min) de regagner l’escalier pour sortir de la tour, étant contrainte par la durée de la visite (probablement aussi pour des raisons de sécurité). Si vous souhaitez uniquement profiter de la vue sur le toit de la Tour Saint-Jacques (ce que je trouve dommage mais je ne juge pas), n’hésitez pas à le préciser dès le début de la visite, vous pourrez accéder à la plateforme sans passer par les étages intermédiaires (à confirmer avec le guide). 2-3 personnes étaient déjà en train de mitrailler les monuments avoisinants quand je suis arrivé au sommet de la tour.

Lors de votre descente, je vous conseille de prêter attention aux gravures présentes à même la pierre, dont les auteurs seraient les ouvriers travaillant à la construction et/ou restauration de la tour. Difficile de savoir si elle sont toutes véridiques mais Natalia, notre guide d’origine russe, m’a confié en avoir découverte une, écrite en cyrillique, qui daterait d’avant la Révolution Russe de 1917 !

Un grand merci à Natalia pour cette visite étonnante et à Des Mots et des Arts pour m’avoir donner l’opportunité de découvrir cette dame de pierre. j’ai été honoré par cette invitation privée. A quand la prochaine ?

Informations pratiques

Avant de vous embarquer dans cette courte aventure, il est important d’avoir en tête que l’ascension de la tour peut en rebuter plus d’un avec ses 300 marches à gravir dans un escalier à vis qui ne doit pas faire plus d’1m de large. Avis donc aux claustrophobes qui préférerons l’ascension des tours de Notre-Dame-de-Paris et aux personnes ayant des difficultés respiratoires ou des problèmes à marcher d’éviter cette visite. Quant aux acrophobes, je pense qu’ils n’auront pas l’idée de se faire peur à 52 mètres de hauteur. Et j’oubliais, les enfants de moins de 10 ans ne peuvent pas participer à la visite.

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