Détails

  • Lieu-dit :
    Cèsa del Faure, Piaz Veie
  • Adresse :
    Piaz Veie 21
  • Date/période du vestige :
    1573
  • Droit d'accès :
    Gratuit

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  • 29 juillet 2026 14 h 23 min

Description

Sur Piaz Veie, je lève les yeux vers une façade qui pourrait presque passer inaperçue. Entre les fenêtres, sous l’avant-toit, deux images très anciennes résistent encore : une Crucifixion effacée et un saint Jean-Baptiste plus lisible, avec l’Agneau de Dieu dans les bras.

Façade de la Cèsa del Faure à Campitello di Fassa.
La Cèsa del Faure se repère depuis Piaz Veie par ses fresques discrètes, placées entre les ouvertures de la façade.

Le détail qui m’arrête vraiment se trouve au bas de la fresque de droite : un petit cartouche peint, en allemand, où la date 1573 reste visible. Le contexte fourni pour la Cèsa del Faure, la “maison du forgeron”, indique que ces peintures furent réalisées par David Solbach et commandées par Jacob Schmidt.1

Fresque de saint Jean-Baptiste avec l’Agneau de Dieu.
Saint Jean-Baptiste tient l’Agneau de Dieu ; le cartouche peint au bas de la fresque porte la date de 1573.

Ce n’est pas seulement une façade décorée. La maison est présentée comme l’une des plus anciennes de Campitello, liée à l’ancienne activité métallurgique du village. Dans une étude consacrée à la métallurgie médiévale du Val di Fassa, Antonio Sommariva replace justement cette maison dans un paysage où le travail du métal a laissé des traces matérielles et toponymiques.2

Cartouche daté de 1573 sous une fresque.
Le cartouche, en allemand, mentionne le commanditaire Jacob Schmidt et rend la date de 1573 lisible sur la façade.

La peinture de la Crucifixion est plus fragile à lire. Je distingue surtout le Christ, des restes de personnages et une surface abîmée par le temps. Cette usure fait partie de l’intérêt du lieu : on ne regarde pas une image restaurée jusqu’à devenir neuve, mais un morceau de façade qui garde ses manques, ses silences et ses couleurs fatiguées.

Fresque de la Crucifixion sur une façade.
La Crucifixion, très effacée, garde surtout la silhouette du Christ et quelques traces de personnages autour de lui.

Une source de Trentino Cultura signale également Campitello comme un bourg ladin installé au pied du Sassolungo, avec un centre ancien où ces détails de façade prennent tout leur sens.3 Ici, l’histoire n’est pas dans un musée : elle est dans l’angle d’une place, sur une maison privée qui ne se visite pas, mais dont les fresques restent visibles depuis la rue.

Deux fresques sous l’avant-toit de la Cèsa del Faure.
Les deux peintures apparaissent sous l’avant-toit, comme des fragments anciens conservés dans une façade encore habitée.

Je reste volontairement prudent sur ce que je ne vois pas : ni la meule évoquée par la littérature, ni le linteau gravé de 1563 ne sont lisibles sur mes photos. Ce que je peux suivre, en revanche, c’est cette date de 1573, encore accrochée à la façade, comme une petite preuve peinte de la profondeur historique de Campitello.

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