En août 2023, je traverse l’entrée du Fort La Latte comme n’importe quel visiteur : un pont-levis, une herse, de gros murs en pierre… bref, le décor réglementaire du château fort. Sauf qu’au Moyen Âge, cette entrée n’avait évidemment pas été conçue pour être photogénique.

Le second châtelet formait une succession d’obstacles destinée à ralentir et à bloquer un assaillant. Après le pont-levis à contrepoids venaient la porte et la herse. Et une fois engagé dans le passage, mieux valait ne pas avoir oublié quelque chose dehors : un assommoir aménagé au-dessus permettait de frapper les hommes coincés dans l’entrée. L’ouverture existe encore, même si elle est aujourd’hui bouchée.


Autrement dit, franchir le pont n’était pas la victoire. C’était potentiellement entrer dans une souricière de pierre. Une manière assez médiévale de rappeler que « bienvenue » n’était pas exactement le message prévu par l’architecte.

Ce qui reste intéressant aujourd’hui, ce n’est pas de considérer chaque pièce de bois visible comme médiévale, mais de lire dans la maçonnerie la logique défensive de l’entrée : les arcs brisés des ponts-levis, le passage resserré, l’emplacement de la herse et l’enchaînement des obstacles. Sur mes photos, la vue prise depuis l’intérieur rend particulièrement bien cette succession de défenses.



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