Dans le parc forestier de la Poudrerie de Sevran-Livry, ces petites collines couvertes d’arbres ressemblent à des reliefs naturels. Pourtant, elles ont été construites de toutes pièces. Leur mission ? Limiter les dégâts lorsqu’une explosion se produisait dans un atelier de fabrication de poudre.
On les appelle des merlons. Le département de la Seine-Saint-Denis explique que ces buttes, élevées avec la terre extraite lors des terrassements et du creusement des mares, étaient disposées par groupes de deux ou trois autour des ateliers et des dépôts. Certaines pouvaient atteindre cinq mètres de hauteur. Elles formaient des écrans destinés à protéger les hommes et les bâtiments voisins contre les projections de matériaux.
Le danger était au cœur de l’organisation du site. Dans certains ateliers, des éléments légers de construction pouvaient céder sous le souffle d’une déflagration, tandis que la distance entre les bâtiments et les merlons contribuaient à en limiter la propagation. L’agencement des chemins, des mares et de ces levées de terre répondait donc d’abord à une logique de sécurité industrielle — bien avant de devenir un décor de promenade.

La poudrerie de Sevran-Livry a produit des poudres civiles et militaires de 1873 à 1973, avant que l’ancien site industriel soit progressivement transformé en parc. Le paysage a été remanié et de nombreux bâtiments ont disparu, mais certaines de ces buttes ont traversé cette reconversion. La date de construction de chacun des deux merlons photographiés n’est pas établie individuellement.

Lors d’une promenade, regarde la pente artificielle, les arbres enracinés dans le talus et les chemins qui le contournent. Sous l’apparence d’une colline forestière se lit toujours une précaution de poudrier : empêcher qu’un accident dans un atelier ne devienne une catastrophe pour les autres.




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