Le saviez-vous ?
Le cartouche daté de 1573 est encore lisible au pied de saint Jean-Baptiste, directement sur la façade d’une maison privée.
Piaz Veie 21, 38031 Campitello di Fassa province autonome de Trente, Italie
Le cartouche daté de 1573 est encore lisible au pied de saint Jean-Baptiste, directement sur la façade d’une maison privée.
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10 août 2026 2 h 45 min
Sur Piaz Veie, je lève les yeux vers une façade qui pourrait presque passer inaperçue. Entre les fenêtres, sous l’avant-toit, deux images très anciennes résistent encore : une Crucifixion effacée et un saint Jean-Baptiste plus lisible, avec l’Agneau de Dieu dans les bras.

Le détail qui m’arrête vraiment se trouve au bas de la fresque de droite : un petit cartouche peint, en allemand, où la date 1573 reste visible. Le contexte fourni pour la Cèsa del Faure, la “maison du forgeron”, indique que ces peintures furent réalisées par David Solbach et commandées par Jacob Schmidt.1

Ce n’est pas seulement une façade décorée. La maison est présentée comme l’une des plus anciennes de Campitello, liée à l’ancienne activité métallurgique du village. Dans une étude consacrée à la métallurgie médiévale du Val di Fassa, Antonio Sommariva replace justement cette maison dans un paysage où le travail du métal a laissé des traces matérielles et toponymiques.2

La peinture de la Crucifixion est plus fragile à lire. Je distingue surtout le Christ, des restes de personnages et une surface abîmée par le temps. Cette usure fait partie de l’intérêt du lieu : on ne regarde pas une image restaurée jusqu’à devenir neuve, mais un morceau de façade qui garde ses manques, ses silences et ses couleurs fatiguées.

Une source de Trentino Cultura signale également Campitello comme un bourg ladin installé au pied du Sassolungo, avec un centre ancien où ces détails de façade prennent tout leur sens.3 Ici, l’histoire n’est pas dans un musée : elle est dans l’angle d’une place, sur une maison privée qui ne se visite pas, mais dont les fresques restent visibles depuis la rue.

Je reste volontairement prudent sur ce que je ne vois pas : ni la meule évoquée par la littérature, ni le linteau gravé de 1563 ne sont lisibles sur mes photos. Ce que je peux suivre, en revanche, c’est cette date de 1573, encore accrochée à la façade, comme une petite preuve peinte de la profondeur historique de Campitello.