Aux Grotte di Catullo, à Sirmione, le panneau A1 annonce les « Botteghe » — autrement dit, les « boutiques ». Pourtant, ces murs romains n’abritaient pas nécessairement des commerçants. Ils soutenaient surtout une terrasse de la grande villa.
Sur le côté occidental de l’édifice, une terrasse bordée d’un portique dominait le paysage. Pour construire à cette hauteur sur un terrain en pente, les bâtisseurs avaient aménagé d’imposantes substructions : des espaces parallèles, voûtés et ouverts vers l’extérieur, formant le soubassement de la terrasse. Les maçonneries photographiées permettent encore de comprendre cet ingénieux dispositif.
Pourquoi les appelle-t-on alors « boutiques » ? Le musée explique qu’il s’agit d’une appellation imagée, héritée des façons de nommer les ruines au XIXe siècle. Le nom est resté ; il ne constitue pas une preuve d’activité commerciale à l’époque romaine.
La villa elle-même fut édifiée à l’époque d’Auguste, entre la fin du Ier siècle avant notre ère et le début du Ier siècle de notre ère. Son nom de « Grottes de Catulle » est également trompeur : le poète Catulle, mort en 54 av. J.-C., ne pouvait pas avoir vécu dans cette villa construite après sa disparition. Deux noms pittoresques, donc, pour un lieu dont les pierres racontent une histoire plus intéressante que les légendes.

Au repère A1, le vestige à observer est donc le mur de soutien romain, ses ouvertures et la succession des espaces, et non l’inscription contemporaine. Il ne faut pas non plus confondre ces « Botteghe » avec le Grand Cryptoportique, autre dispositif de soutènement de la même villa, déjà traité dans une fiche distincte sur Brèves d’Histoire.




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