Sous les arcades de la place des Vosges, au niveau du numéro 11, quelques caractères gravés dans la pierre attirent les chasseurs de détails : « 1764 NICOLAS ». L’inscription est ancienne. Son histoire, elle, est moins simple qu’on ne le raconte souvent.
Elle est traditionnellement attribuée à l’écrivain Nicolas-Edme Restif de La Bretonne, connu pour avoir gravé de nombreuses inscriptions dans Paris et pour les avoir ensuite consignées. Cette attribution est devenue si populaire que le graffiti est parfois présenté comme le plus ancien de Paris.
Mais les spécialistes de Restif appellent à la prudence. La Société d’études rétiviennes a notamment rappelé que les inscriptions décrites par l’écrivain lui-même commencent plus tard et que rien ne permet d’identifier formellement cette signature de 1764 comme étant de sa main. Quant au titre de « plus vieux graffiti de Paris », il ne résiste pas davantage à l’examen : d’autres inscriptions parisiennes datées ou attribuables sont plus anciennes.
Le vestige reste donc passionnant, mais pour une autre raison : il montre à quel point une simple date et un prénom peuvent fabriquer une histoire séduisante. Ici, la pierre est certaine ; le célèbre graffeur l’est beaucoup moins.





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