Au 27 rue Saint-Jacques, un visage aux sourcils flamboyants regarde la rue depuis le haut d’un mur. Ce relief en ciment d’environ 80 centimètres est un cadran solaire réalisé par Salvador Dalí.
La littérature spécialisée en gnomonique documente sa réalisation en 1966 pour des amis de Dalí qui tenaient boutique dans la rue. Sa forme évoque une coquille Saint-Jacques ; les sourcils, eux, rappellent des flammes ou des rayons solaires.
L’inauguration eut lieu le 15 novembre 1966. Dalí monta sur une nacelle pour signer l’œuvre, accompagné par la fanfare des Beaux-Arts. La Ville de Paris mentionne elle aussi aujourd’hui le cadran de Dalí rue Saint-Jacques.
Mais il faut lui demander davantage de poésie que de ponctualité. Les publications de spécialistes le décrivent comme un cadran vertical déclinant très fantaisiste, et la Commission des cadrans solaires de la Société astronomique de France le cite même comme exemple d’une création artistique qui prend des libertés avec les règles de la gnomonique.
Son intérêt n’en diminue pas — au contraire. C’est à la fois une œuvre de Dalí, un clin d’œil au nom de la rue et un instrument solaire volontairement plus surréaliste que scientifique.





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