Au 7 rue de Cluny, une vieille arcade de pierre dépasse du bâti moderne. Elle est traditionnellement présentée comme un vestige de l’ancien couvent des Mathurins, installé pendant des siècles au cœur du Quartier latin.
Les Mathurins — des religieux de l’ordre de la Très-Sainte-Trinité — sont présents dans ce secteur dès le XIIIe siècle. Leur maison parisienne entretient des liens étroits avec l’Université de Paris, dont plusieurs assemblées et cérémonies se tiennent dans le couvent. L’établissement disparaît à la Révolution et ses bâtiments sont progressivement vendus, transformés ou détruits.

En 1907, la démolition d’une petite construction révèle précisément cette arcade. Le procès-verbal de la Commission du Vieux Paris indique qu’elle « passe pour être » un vestige du couvent et demande qu’elle soit photographiée après dégagement. Cette prudence est importante : l’ancienneté du mur est certaine, mais son attribution précise au couvent reste une identification patrimoniale, pas une preuve archéologique absolue.
Un siècle plus tard, le mur est toujours là. Ce n’est donc pas seulement un fragment ancien : c’est aussi un vestige dont on peut suivre la redécouverte grâce à une photographie prise au moment même où il réapparaissait dans la rue.





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