Italie

À Sirmione, ce cryptoportique romain s’étirait sur 160 mètres

Sous le portique occidental de la villa, un corridor voûté à deux nefs servait à la fois de promenade fraîche et de structure porteuse. Les piliers en brique visibles aujourd’hui en formaient l’ossature ; certains arcs ont été reconstruits.

Grotte di Catullo, Piazzale Orti Manara 4, 25019 Sirmione BS, Italie

Époque augustéenne — fin du Ier siècle av. J.-C. / début du Ier siècle apr. J.-C.

Vérification sur place :
juillet 2026
À Sirmione, ce cryptoportique romain s’étirait sur 160 mètres

À regarder sur place

  • Repère la longue file centrale de piliers en brique qui divisait le cryptoportique en deux nefs. Sur le côté, observe aussi la roche taillée pour encaisser le corridor. Les arcs visibles ne sont pas tous antiques : certains ont été reconstruits pour restituer la structure.

Au premier regard, on pourrait prendre cette longue file de maçonneries en brique pour une simple succession de colonnes. Il s’agit en réalité de la spina centrale du Grand Cryptoportique des Grotte di Catullo : l’ossature qui partageait cet immense corridor couvert en deux nefs.

La grande villa romaine de Sirmione a été construite à l’époque augustéenne, entre les dernières décennies du Ier siècle av. J.-C. et le début du Ier siècle apr. J.-C. Son nom est trompeur : le poète Catulle, auquel les ruines ont longtemps été associées, était déjà mort lorsque l’ensemble monumental visible aujourd’hui fut édifié.

Le cryptoportique courait le long du côté ouest de la villa sur environ 160 mètres, pour près de 9 mètres de large. Il était couvert par une double voûte en berceau et divisé par une rangée centrale de piliers reliés par des arcs. Une partie du corridor fut directement entaillée dans le rocher ; les maçonneries mêlaient éclats de pierre liés au mortier, briques pour les piliers et les arcs, et un calcaire léger pour les voûtes.

Ce passage n’était pas seulement une prouesse de soutènement. Il portait le portique et la terrasse aménagés au-dessus, tout en offrant en contrebas un espace protégé où l’on pouvait marcher, lire ou converser à l’abri de la chaleur et des intempéries. Trois grandes exèdres ouvraient sur le corridor ; elles étaient agrémentées de fontaines, de marbres et de sculptures.

Après l’abandon progressif de la villa à partir du IIIe siècle, le bâtiment servit pendant des siècles de réserve de matériaux. Les prélèvements, ajoutés aux intempéries, contribuèrent à l’effondrement des voûtes. Les fouilles modernes ont ensuite remis le cryptoportique au jour ; les archives de la Soprintendenza conservent notamment des photographies du chantier de fouille de 1950.

Les vestiges du tracé et des structures sont antiques, mais certains arcs visibles ont été reconstruits pour rendre lisible l’organisation originelle. C’est justement ce détail qu’il faut garder en tête devant cette spectaculaire rangée de briques : elle montre à la fois la villa romaine et la manière dont l’archéologie moderne nous aide à la comprendre.

Détail du vestige À Sirmione, ce cryptoportique romain s’étirait sur 160 mètres
Détail à observer sur place.
Sources et vérification

Solidité de l’affirmation historique

Établi

Les éléments importants sont directement documentés par une ou plusieurs sources particulièrement solides : archives, document primaire, base patrimoniale officielle ou ensemble de sources indépendantes ne laissant pratiquement aucune incertitude significative.

Vérification sur place : juillet 2026Cette date concerne la dernière vérification sur le terrain, indépendamment du niveau de preuve historique.

Sources et bibliographie

Sources principales


  1. Direzione regionale Musei nazionali Lombardia — Grotte di Catullo e Museo Archeologico di Sirmione : chronologie de la villa, organisation du site et description du Grand Cryptoportique.

  2. DescriVedendo / Grotte di Catullo — « Criptoportico » : dimensions, matériaux, double voûte, fonction du corridor et indication de certains arcs reconstruits.

  3. Université de Vérone — étude architecturale du complexe des Grotte di Catullo : documentation scientifique du cryptoportique et de sa structure porteuse.

  4. Soprintendenza Archeologia, Belle Arti e Paesaggio — archives photographiques : photographies du chantier de fouille de 1950 du Grande Criptoportico.

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