À Via Morigi 2A, tu peux facilement passer devant l’immeuble sans comprendre ce qui se cache derrière ses grilles. Dans la cour, à quelques mètres de la rue, repose pourtant un vrai morceau du Milan romain : un fragment de pavement vieux de plus de 2 000 ans.

Le sol a été découvert en 1967, pendant des travaux, à environ 2,5 mètres sous le niveau actuel. Il a ensuite été prélevé puis remonté pour être conservé sur place. Le fragment que tu vois est donc bien antique, mais il ne repose plus exactement à la profondeur où les archéologues l’ont trouvé.
Le Civico Museo Archeologico le date de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. et le rattache à l’une des plus anciennes demeures aristocratiques connues de Milan. La base archéologique TESS reste un peu plus prudente : elle parle d’un bâtiment probablement résidentiel, daté plus largement du Ier siècle av. J.-C.
Regarde le sol de près : la surface claire est ponctuée de petites tesselles noires disposées régulièrement et de fragments de pierre ou de marbre coloré. Une bordure de tesselles blanches et noires encadrait l’ensemble. Sous cette surface, les fouilles ont aussi identifié une préparation en cocciopesto posée sur un lit de galets.


À cette époque, ce secteur de Mediolanum accueille des habitations de haut niveau. Des siècles plus tard, une partie du quartier sera absorbée par l’immense secteur du palais impérial.
Ce qui est assez déroutant ici, c’est le changement d’échelle : derrière une grille d’immeuble parfaitement banale, tu regardes le sol sur lequel évoluaient les habitants d’une demeure milanaise il y a plus de deux millénaires.



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