À droite de la vieille porte, une petite plaque indique « PAVILLON J. A. MASSIBOT ». Pourtant, ce bâtiment de brique rouge et claire ne porte pas son nom d’origine. Au jardin d’agronomie tropicale, il était d’abord le pavillon de la Guyane, construit pour l’exposition coloniale de 1907.
Cette exposition présentait les territoires dominés par la France à travers une mise en scène de leur économie, de leurs productions et de l’empire colonial. Ici, le public découvrait notamment des bois précieux, des écorces riches en tanins et des maquettes évoquant l’extraction de l’or. Une photographie du pavillon prise vers 1907 figure encore sur le panneau de visite. Le bâtiment subsistant a toutefois été transformé depuis : ses murs actuels ne restituent pas nécessairement à l’identique son aspect de l’exposition.
Pendant la Première Guerre mondiale, le jardin change de fonction et accueille un hôpital pour les troupes coloniales. Le panneau placé devant le pavillon précise qu’entre 1914 et 1918, des sous-officiers soignés dans le jardin y passent leur convalescence. Même bâtiment, tout autre usage.
Vers 1925, nouvel épisode : le pavillon est agrandi et transformé en laboratoire de génétique. Son nom actuel rappelle Joseph-Alfred Massibot (1911-1948), spécialiste des méthodes statistiques d’expérimentation agricole. L’inscription visible sur la façade atteste cet hommage, mais la date exacte à laquelle elle a été posée reste à établir.

Regarde aujourd’hui les briques bicolores, les fenêtres protégées par des grilles, les bois du porche et l’enduit usé autour de la porte : ce bâtiment a connu plusieurs vies sans disparaître. Le pavillon de la Guyane figure parmi les édifices du jardin inscrits au titre des monuments historiques en 1994. Une petite façade qui raconte à la fois la propagande coloniale, la guerre et les recherches agronomiques du XXe siècle.




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