À Rennes, certaines fortifications ont disparu si proprement qu’on pourrait croire qu’elles n’ont jamais existé. Et puis il reste ce genre d’accident dans le paysage : un pan de pierre presque avalé par la glycine, coincé entre les immeubles de la place Rallier-du-Baty.

La localisation est très précise : un parcours consacré aux remparts de Rennes situe les restes du mur place Rallier-du-Baty, côté est, au niveau du restaurant Geppetto. L’Office de tourisme de Rennes signale également qu’un pan de l’ancien rempart reste visible sur cette place, à l’endroit où se dressait autrefois la porte Saint-Michel.
La porte Saint-Michel, anciennement appelée porte Neuve, appartenait à l’enceinte de la Vieille Ville. Elle occupait ce secteur jusqu’à sa démolition complète en 1868. Ce pan de maçonnerie est donc l’un des rares rappels matériels de cette ligne de défense disparue.

Une prudence s’impose toutefois : le tracé de cette première enceinte reprend un secteur fortifié depuis l’Antiquité, mais rien ne permet d’affirmer que les pierres visibles aujourd’hui sont gallo-romaines. Les remparts ont été réparés, reconstruits et remaniés pendant des siècles. Pour ce fragment précis, la datation de la maçonnerie apparente n’est pas établie avec assez de certitude pour lui coller une date romaine sur le dos.
C’est justement ce qui fait son charme : au milieu des terrasses et des façades du centre-ville, Rennes a gardé un morceau de son ancienne frontière défensive. Il fallait simplement penser à regarder derrière la glycine.


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