Le saviez-vous ?
Ici, le vrai vestige est aussi invisible depuis la rue : un ensemble de machines de meunerie presque complet serait encore conservé à l’intérieur.
1 Rue Pouyer Quertier, 27380 Fleury-sur-Andelle, France
Ici, le vrai vestige est aussi invisible depuis la rue : un ensemble de machines de meunerie presque complet serait encore conservé à l’intérieur.
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27 août 2026 22 h 46 min
Depuis la rue, je vois d’abord la brique rouge, puis l’eau. À Fleury-sur-Andelle, le bâtiment a beau être silencieux, le paysage continue de parler : un bras étroit file dans la végétation, passe au pied des constructions, et rappelle que ce lieu n’était pas seulement posé au bord de l’Andelle. Il fonctionnait avec elle.

Le site correspond au moulin à blé puis minoterie dit moulin de Fleury, situé rue Pouyer-Quertier. La notice de l’Inventaire général le rattache au bassin hydrographique de l’Andelle et au bief de dérivation dit le Héron.1 Sur place, cette donnée technique devient très concrète : l’eau est presque cachée, mais elle donne encore la clé de lecture du bâtiment.

L’histoire commence avec un moulin à blé créé en 1805 par Charles Lamotte, autorisé par décret impérial. Le site passe ensuite à Michel Sautelet en 1821. En 1861, l’ancien moulin est entièrement détruit par un incendie ; l’année suivante, Édouard Lainé fait construire une minoterie moderne à son emplacement.1

Ce détail est important, parce qu’il évite une confusion facile : ce que je photographie ici n’est pas la filature voisine, mais bien la minoterie reconstruite en 1862. La façade de brique, les niveaux, les ouvertures et la relation au bief racontent un établissement industriel lié à la meunerie, pas un simple décor rural.

La notice POP signale que le site conserve encore une roue hydraulique verticale, le système de transmission et presque tous ses appareils de meunerie : élévateur à godets, trémies, treuil monte-sac, brosse, détacheurs, blutoir, mélangeur, plansichter, filtre à air pulsé, sacs… Les broyeurs à cylindres, eux, auraient été revendus après l’arrêt de l’activité.1 Je reste prudent dans la brève : ces machines ne sont pas visibles depuis la rue, je ne les décris donc pas comme une observation directe.
L’activité s’arrête dans les années 1970, et l’établissement est depuis désaffecté. Il reste aussi privé : l’intérêt du vestige se lit donc depuis l’extérieur, depuis le pont, depuis la rue, à travers les arbres et les canaux.12

Ce que je trouve beau ici, c’est ce décalage : un grand bâtiment industriel arrêté depuis environ un demi-siècle, et une eau qui continue de circuler comme si elle entretenait encore la mémoire du travail. À Fleury, le vestige n’est pas seulement une façade ; c’est un ensemble entre brique, bief, roue cachée et machines conservées.