Saint-Malo · Enceintes fortifiée

À Saint-Malo, ce mur protégeait Alet il y a près de 1 750 ans

Au-dessus du port des Bas-Sablons subsiste un fragment de l’enceinte gallo-romaine qui entourait Alet à la fin du IIIe siècle. À l’origine, ce rempart courait sur environ 1,8 km autour du promontoire.

Cité d’Alet, au-dessus de l’anse des Bas-Sablons, 35400 Saint-Malo, France

Vers 270 apr. J.-C. · Antiquité

Vérification sur place :
juillet 2024
À Saint-Malo, ce mur protégeait Alet il y a près de 1 750 ans

À regarder sur place

  • Repère le pan de mur signalé « Mur Romain d’Alet », puis recule pour observer sa masse et sa position au bord du promontoire. Regarde ensuite vers le port des Bas-Sablons : la vue permet de comprendre pourquoi cet emplacement était stratégique pour contrôler l’entrée de la Rance.

À première vue, ce n’est qu’un pan de maçonnerie un peu perdu dans la végétation de la Cité d’Alet. Pourtant, il appartient à l’une des plus anciennes fortifications encore visibles à Saint-Malo : le rempart gallo-romain d’Alet, élevé vers 270 apr. J.-C..

À cette époque, l’insécurité maritime pousse les autorités romaines à remettre en défense le promontoire. Selon le Centre régional d’archéologie d’Alet, la ville est alors ceinturée par un rempart d’environ 1 800 mètres, jalonné de tours et percé de deux portes. La position est idéale : le promontoire domine l’estuaire de la Rance, la rade et le port antique de Reginca.

Mur romain d’Alet dominant le port des Bas-Sablons
Depuis le vestige, la vue plonge sur le port des Bas-Sablons : elle permet de comprendre immédiatement l’intérêt stratégique du promontoire d’Alet.

Le pan visible aujourd’hui se trouve au nord-est du site, au-dessus de l’anse des Bas-Sablons. Il est connu depuis longtemps sous le nom de « Mur Romain ». Un article publié en 1969 dans les Annales de Bretagne raconte même que sa survie, malgré les bombardements, a directement motivé de nouvelles fouilles archéologiques. Très incliné, le vestige a fait l’objet d’une campagne de consolidation à partir de 1963.

Plaque Mur Romain d’Alet et détail de la maçonnerie antique
La plaque signale le « Mur Romain d’Alet ». Le pan est bien antique, mais son aspect actuel porte aussi la trace des consolidations engagées à partir de 1963.

Il faut donc regarder ce mur avec une petite précaution : on observe bien un vestige antique, mais son aspect actuel porte aussi la trace des interventions destinées à le stabiliser. Ce qui reste n’est qu’une infime partie de l’enceinte qui entourait autrefois tout le promontoire.

La fortification romaine n’a d’ailleurs pas disparu d’un seul coup. L’enceinte continue à structurer Alet pendant des siècles avant d’être largement démantelée au Moyen Âge, notamment lors de la destruction des murailles de la cité vers 1255.

Aujourd’hui, avec le port des Bas-Sablons en contrebas et Saint-Malo visible au loin, le décor aide presque autant que les pierres à comprendre le choix des Romains. Ce mur n’était pas là pour faire joli : il contrôlait un promontoire stratégique à l’entrée de la Rance. Près de dix-huit siècles plus tard, un morceau est toujours là.

Sources et vérification

Solidité de l’affirmation historique

Établi

Les éléments importants sont directement documentés par une ou plusieurs sources particulièrement solides : archives, document primaire, base patrimoniale officielle ou ensemble de sources indépendantes ne laissant pratiquement aucune incertitude significative.

Vérification sur place : juillet 2024Cette date concerne la dernière vérification sur le terrain, indépendamment du niveau de preuve historique.

Sources et bibliographie

⚑ Se connecter pour signaler une erreur
CommentairesVoir ou ajouter un commentaire
  • Pas encore de commentaire. Soyez le premier !
  • Ajouter un avis

    À découvrir autour

    Voir sur la carte