À première vue, ce n’est qu’un pan de maçonnerie un peu perdu dans la végétation de la Cité d’Alet. Pourtant, il appartient à l’une des plus anciennes fortifications encore visibles à Saint-Malo : le rempart gallo-romain d’Alet, élevé vers 270 apr. J.-C..
À cette époque, l’insécurité maritime pousse les autorités romaines à remettre en défense le promontoire. Selon le Centre régional d’archéologie d’Alet, la ville est alors ceinturée par un rempart d’environ 1 800 mètres, jalonné de tours et percé de deux portes. La position est idéale : le promontoire domine l’estuaire de la Rance, la rade et le port antique de Reginca.

Le pan visible aujourd’hui se trouve au nord-est du site, au-dessus de l’anse des Bas-Sablons. Il est connu depuis longtemps sous le nom de « Mur Romain ». Un article publié en 1969 dans les Annales de Bretagne raconte même que sa survie, malgré les bombardements, a directement motivé de nouvelles fouilles archéologiques. Très incliné, le vestige a fait l’objet d’une campagne de consolidation à partir de 1963.

Il faut donc regarder ce mur avec une petite précaution : on observe bien un vestige antique, mais son aspect actuel porte aussi la trace des interventions destinées à le stabiliser. Ce qui reste n’est qu’une infime partie de l’enceinte qui entourait autrefois tout le promontoire.
La fortification romaine n’a d’ailleurs pas disparu d’un seul coup. L’enceinte continue à structurer Alet pendant des siècles avant d’être largement démantelée au Moyen Âge, notamment lors de la destruction des murailles de la cité vers 1255.
Aujourd’hui, avec le port des Bas-Sablons en contrebas et Saint-Malo visible au loin, le décor aide presque autant que les pierres à comprendre le choix des Romains. Ce mur n’était pas là pour faire joli : il contrôlait un promontoire stratégique à l’entrée de la Rance. Près de dix-huit siècles plus tard, un morceau est toujours là.




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