Dans plusieurs rues de Pompéi, de profondes rainures traversent encore les pavés. Elles ne sont pas un défaut de pose : ce sont les traces laissées par le passage répété de véhicules à roues.
Les archéologues utilisent ces ornières, mais aussi l’usure des bordures et des pierres de passage, pour reconstituer la circulation antique. Les travaux d’Eric Poehler ont ainsi montré qu’il est parfois possible de déterminer le sens de déplacement des véhicules et d’identifier des formes de régulation du trafic dans la ville.
Un point mérite toutefois d’être corrigé : les ornières de Pompéi ne prouvent pas l’existence d’un écartement universel de 1,435 m identique à celui des chemins de fer modernes. Une étude publiée en 2025 dans le Journal of Archaeological Science souligne au contraire la grande variation des écartements mesurés dans la ville. Les chars romains n’avaient donc pas secrètement inventé le standard ferroviaire.
Sur la Via delle Terme et d’autres axes très fréquentés, ces rainures donnent malgré tout une impression saisissante : sous tes pieds, le trafic d’une ville morte depuis 79 apr. J.-C. a littéralement creusé sa mémoire dans la pierre.





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