14ème arrondissement · Plaisance · Vestiges de guerre

La cloche prise à Sébastopol a suivi la paroisse jusqu’à Notre-Dame-du-Travail

Cette cloche de 552 kg a été prise lors du siège de Sébastopol puis offerte en 1865 par Napoléon III à l’ancienne paroisse de Plaisance. Elle a survécu au remplacement de l’église et se trouve aujourd’hui à Notre-Dame-du-Travail.

Eglise Notre-Dame-du-Travail, 59 rue Vercingétorix, Paris

1855–1865

Vérification sur place :
mars 2019
La cloche prise à Sébastopol a suivi la paroisse jusqu’à Notre-Dame-du-Travail

À regarder sur place

  • Depuis l’extérieur, repère la cloche sur le côté droit de la façade. Observe sa taille et son implantation : elle n’a pas été fondue pour cette église, mais constitue un objet déplacé et réemployé par la paroisse.

À droite de la façade de Notre-Dame-du-Travail, une cloche de plus d’une demi-tonne raconte une histoire qui commence très loin du quartier de Plaisance : à Sébastopol, pendant la guerre de Crimée.

La documentation de la paroisse et les travaux de la Ville de Paris concordent sur l’essentiel : en 1865, lors de l’agrandissement de l’ancienne église Notre-Dame-de-Plaisance, Napoléon III offre à la paroisse une cloche de 552 kg prise au siège de Sébastopol. Elle devient rapidement l’un des objets les plus singuliers de la paroisse.

À la fin du XIXe siècle, l’ancienne église est devenue trop petite. Le père Soulange-Bodin lance alors une souscription nationale pour construire un nouvel édifice consacré au monde du travail. Une affiche dessinée par Étienne Moreau-Nélaton en 1897 appelle explicitement les « Travailleurs de France » à apporter leur pierre à Notre-Dame-du-Travail.

Affiche Travailleurs de France pour la construction de Notre-Dame-du-Travail en 1897
Affiche de souscription pour la construction de Notre-Dame-du-Travail, 1897. Étienne Moreau-Nélaton — CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet.

L’ancienne église est ensuite désaffectée puis démolie au début du XXe siècle, mais la cloche est conservée avec la nouvelle paroisse. Elle relie ainsi directement le Paris ouvrier de Plaisance à un épisode de la guerre de Crimée. Une drôle de trajectoire pour 552 kilos de bronze : Sébastopol, Plaisance, puis le XIVe arrondissement.

Détail du vestige La cloche prise à Sébastopol a suivi la paroisse jusqu’à Notre-Dame-du-Travail
Détail à observer sur place.
Sources et vérification

Solidité de l’affirmation historique

Bien documenté

Plusieurs sources sérieuses et concordantes permettent d’étayer l’histoire, mais il peut manquer une preuve primaire ou absolument décisive.

Vérification sur place : mars 2019Cette date concerne la dernière vérification sur le terrain, indépendamment du niveau de preuve historique.

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Commentaires2Voir ou ajouter un commentaire
  • JB
    16 mars 2019 à 13 h 41 min

    cette cloche à été rendue discrètement à la ville de Sevastopol et elle n’est plus à Paris depuis un bon moment déjà…

    • gino
      16 mars 2019 à 20 h 43 min

      Bonsoir, merci pour votre commentaire. Avez-vous des sources qui pourraient confirmer cela ? Merci d’avance.

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