Au 229 boulevard Raspail, la façade forme une courbe inhabituelle. Elle a été conçue pour contourner un acacia que l’on disait planté par Victor Hugo. Le problème, c’est que cette belle histoire était déjà démontée il y a plus d’un siècle.
En 1919, la Revue horticole enquête sur l’arbre et consulte Julien Stirling, alors attaché à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Sa conclusion est nette : Victor Hugo n’a jamais habité à cet endroit. La revue retrace même la naissance probable de la légende : face aux questions répétées des curieux pendant le chantier, le maître de chantier aurait fini par attribuer l’arbre à Victor Hugo, davantage pour plaisanter ou avoir la paix que pour faire œuvre d’historien.
L’histoire a pourtant eu un effet très concret. L’acacia a été suffisamment respecté pour que la construction compose avec lui, laissant à la façade cette forme concave encore visible aujourd’hui. L’arbre a disparu, mais la courbe est restée.
Autrement dit, le vestige n’est pas l’arbre de Victor Hugo. C’est la trace architecturale laissée par une légende fausse mais assez puissante pour modifier un immeuble parisien.





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