Dans le square Henri-Galli, un morceau de maçonnerie basse semble presque trop discret pour appartenir à la Bastille. Ce sont pourtant les fondations de la tour de la Liberté, l’une des huit tours de la forteresse.
La Bastille est démantelée à partir de 1790, mais ses fondations ne disparaissent pas toutes. En 1899, lors du creusement de la première ligne du métro sous la rue Saint-Antoine, les travaux rencontrent les vestiges de la tour. Charles Maindron les photographie en février 1899 ; ces clichés sont aujourd’hui conservés au musée Carnavalet. D’autres maçonneries liées à cette forteresse se découvrent encore en sous-sol, notamment le mur de contrescarpe conservé dans la station de métro Bastille.
La Ville de Paris précise que les pierres ont ensuite été déplacées et réassemblées ici, pierre par pierre. Le vestige n’est donc plus exactement à son emplacement médiéval : il a été sauvé du chantier du métro en changeant de quelques centaines de mètres.
C’est ce déplacement qui fait tout l’intérêt du lieu. On ne regarde pas seulement un morceau de la Bastille : on regarde aussi une manière très XIXe siècle de sauver un vestige découvert par les grands travaux parisiens.





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