Sur la place Saint-Germain-des-Prés, un petit départ de mur incurvé est parfois présenté comme le dernier vestige du presbytère de l’abbaye. L’histoire est séduisante. Le problème, c’est qu’elle résiste mal à la vérification.
Le presbytère du XVIIIe siècle n’a en effet pas disparu : la base Mérimée du ministère de la Culture recense toujours le presbytère de Saint-Germain-des-Prés aux 3 et 5 place Saint-Germain-des-Prés, construit lors de campagnes datées de 1715 et 1717. Ses façades et toitures sont même classées au titre des Monuments historiques depuis 1980.
Cela ne suffit pas à démontrer que le petit mur photographié n’appartient pas à une partie ancienne de l’ensemble. Mais aucune source institutionnelle retrouvée ne permet, à ce stade, de confirmer l’affirmation précise selon laquelle il s’agirait d’un fragment du presbytère démoli au XIXe siècle.
La bonne lecture est donc plus prudente : le mur existe bien, son attribution au presbytère reste à démontrer. Et surtout, le véritable presbytère du XVIIIe siècle est toujours là, à quelques mètres.
Parfois, vérifier un vestige ne confirme pas une vieille histoire. Ça permet d’en trouver une meilleure.





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