Au bord de la Marne, de grandes arches de pierre et de brique semblent aujourd’hui posées là sans raison. Elles appartenaient pourtant à un moulin qui faisait fonctionner, au XIXe siècle, une vermicellerie : une fabrique de pâtes alimentaires.
Le site est bien plus ancien que l’usine. Le moulin dépendait autrefois de l’abbaye de Chelles avant d’être transformé au XIXe siècle pour alimenter la fabrique. À la fin des années 1870 et autour de 1880, la famille Menier, déjà installée en amont à Noisiel, rachète le moulin : l’ouvrage de Chelles gênait le fonctionnement hydraulique de son propre site industriel.
La fin est moins nette qu’un unique incendie spectaculaire. Les sources locales évoquent plusieurs incendies, dont un important en 1885. L’activité est ensuite déplacée et le moulin abandonné dans les années 1890. Les bâtiments disparaissent progressivement, mais les arches au bord de l’eau survivent.

Ce qui ressemblait à un décor romantique est donc beaucoup plus concret : les restes d’un site où l’eau de la Marne faisait tourner une petite industrie alimentaire. Des pâtes, du chocolat Menier et une querelle de niveau d’eau réunis dans quelques voûtes — l’histoire industrielle sait parfois faire des associations assez improbables.





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