Sous la passerelle qui relie le châtelet au donjon du château de Vincennes, plusieurs petites cavités carrées percent encore la maçonnerie. À première vue, elles ressemblent à de simples trous laissés dans le mur. Le Château de Vincennes confirme qu’il s’agit bien de trous de boulin : les logements des poutres horizontales qui soutenaient les échafaudages pendant la construction.
Le Centre des monuments nationaux explique que ce type de trace est encore visible au château de Vincennes. Les boulins étaient de grosses pièces de bois engagées dans la maçonnerie pour porter les planchers d’échafaudage. Une fois le chantier terminé, les poutres étaient retirées et les cavités pouvaient rester ouvertes dans le mur.
Le piège est que l’ensemble paraît médiéval : le donjon, son châtelet et sa chemise ont bien été élevés au XIVe siècle, principalement sous Charles V. Le passage entre le châtelet et la tour constituait alors l’accès au donjon, avec un pont dormant et un dispositif de pont-levis. La maçonnerie visible aujourd’hui a toutefois connu plusieurs restaurations et remaniements, notamment aux XIXe, XXe et XXIe siècles.
Le Château de Vincennes a confirmé à Brèves d’Histoire qu’il s’agit bien de trous de boulin. En revanche, le pilier qui les porte ne remonte pas au XIVe siècle : après vérification auprès des équipes de visite, le Centre des monuments nationaux le date des années 1930.
Ces cavités ne sont donc pas des cicatrices directes du chantier médiéval de Charles V. Leur datation précise reste ouverte : elles ont pu être créées lors de l’édification du pilier au XXe siècle ou à l’occasion d’une restauration ultérieure. Leur intérêt est ailleurs : elles montrent que la technique des boulins a continué à être utilisée bien après le Moyen Âge.




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