Au pied du donjon de Vincennes, une petite porte en arc brisé semble aujourd’hui ne mener nulle part. Elle s’ouvre au centre du mur ouest de l’enceinte qui enveloppe la grande tour, mais le fossé et le talus ont effacé son ancien chemin d’accès.
Cette ouverture correspond à l’ancienne entrée occidentale de l’enceinte du donjon. Au XIVe siècle, deux portes permettaient d’y pénétrer : l’une à l’est, intégrée au châtelet, et l’autre à l’ouest. L’étude architecturale de Jean Chapelot décrit cette dernière comme une porte étroite, sans tour de flanquement — exactement le détail que l’on peut encore observer ici.
L’accès occidental est supprimé en 1618, lorsque Louis XIII fait construire un jeu de paume au pied du donjon. La porte cesse alors d’être un passage, tandis que le château se transforme progressivement en résidence royale plus confortable, puis en complexe militaire.
Le décor actuel donne aussi l’impression que la porte est en partie enterrée. Entre 1833 et 1838, le parement ancien du talus est recouvert par une nouvelle maçonnerie et le niveau de contact avec le mur est rehaussé d’environ 1,50 m. Ces travaux expliquent en partie pourquoi l’ouverture paraît aujourd’hui suspendue au-dessus du fossé.
La porte n’est donc pas une entrée secrète conservée intacte : c’est le reste lisible d’un accès médiéval condamné, puis entouré par des siècles de transformations. Le château n’a pas perdu la porte ; il a perdu le chemin qui permettait de l’atteindre.




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