Au 39 rue René-Hamon, je tombe sur une façade assez discrète. Mais il suffit de regarder la grande porte en bois, le passage couvert et les murs de pierre qui ouvrent sur une cour pour comprendre qu’on n’est pas devant une simple maison de ville. Le PLU de Villejuif identifie précisément l’ensemble comme un ancien corps de ferme, témoin du vieux bourg rural.
Ce vestige est particulièrement cohérent avec l’histoire du quartier. Avant de s’appeler rue René-Hamon, la voie portait le nom de rue d’Amont. L’Inventaire général du patrimoine rappelle que cette rue, avec la rue du Moutier, regroupait autrefois les fermes qui exploitaient les terres du plateau de Villejuif. La ville reste d’ailleurs largement agricole jusqu’au XIXe siècle, avant que les lotissements et les grands établissements hospitaliers ne transforment progressivement le paysage.
Le bâtiment conserve encore plusieurs indices lisibles de cette fonction ancienne : un large accès charretier, une cour intérieure, des maçonneries de pierre et des volumes organisés autour de l’espace de travail. Ces éléments correspondent bien à la logique d’un ancien établissement agricole inséré directement dans le tissu du bourg.
En revanche, je n’ai trouvé aucune source institutionnelle donnant une date de construction précise pour ce corps de ferme. Le PLU le protège pour son intérêt historique, mais se contente de le qualifier d’« ancien corps de ferme ». Il serait donc imprudent de lui attribuer un siècle exact sur la seule apparence des maçonneries.
Aujourd’hui, l’ensemble est englobé dans le centre-ville et peut facilement passer pour une vieille maison un peu atypique. Pourtant, derrière le portail, la cour et les murs rappellent encore l’époque où cette rue menait non pas à des immeubles, mais aux terres agricoles du plateau.




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