Bienvenue dans le bunker de l’Hôtel-Dieu

Date : 1933

Hôtel-Dieu, 3 février 2018. Entrainé dans un escape game à travers le plus vieil hôpital de Paris dans le cadre de la 7eme édition de Paris Face Caché, j’étais loin d’imaginer me retrouver dans un bunker datant de 1933. Journée-chance, car le même jour, cette fois-ci dans les sous-sols de la bibliothèque de l’Arsenal, je suis tombé sur un vestige de l’enceinte de Charles V.

Le début du jeu tarde à se lancer. Piétinant dans une salle d’attente du centre d’ophtalmologie, les participants profitent de ce temps calme pour faire connaissance. Quelques minutes plus tard, un (faux) médecin vient à notre rencontre et nous demande de le suivre. Il semble inquiet et a besoin de se confier. Après avoir descendu un escalier en sous-sol, parcouru un étroit couloir, nous nous retrouvons dans une pièce mansardé d’une trentaine de mètres carré, servant de lieu d’archivage pour les services d’ophtalmologie de l’hôpital. Le médecin commence à réciter son script, nous demandant de l’aide pour retrouver le nom d’une patiente qui aurait perdu la mémoire. C’est là que le jeu a commencé, dans ce lieu de mémoire insoupçonné, marqueur d’une époque sombre de l’Histoire de Paris. Tout juste le temps de faire quelques clichés, nous sommes remontés à la surface, arpentant les couloirs, coursives et chambres d’hôpital de l’Hôtel-Dieu retrouver cette pauvre patiente amnésique.

Cet abri-souterrain, aussi appelé cave-abri, a été construit en 1933 et a servit durant la seconde guerre mondiale à protéger le personnel hospitalier et les malades de l’effet de souffle, des éclats de projectiles ou de l’effondrement du bâtiment lors de bombardements. La porte blindé et étanche au gaz, avec un mécanisme de fermeture à plusieurs points attire le regard avant même de pénétrer dans le bunker en forme de galeries de mines. Pour aérer les 30 m2 du lieu, les médecins, infirmiers ou malades valides se relayaient pour tourner une large manivelle au fond de l’abri et ainsi renouveler l’air de la pièce. En levant les yeux au plafond, j’ai été surpris de voir des troncs d’arbres soigneusement alignés sur toute la surface pour prévenir d’éventuels effondrements de maçonnerie.

Durant la guerre, plus de 40 000 abris civils, dont 250 étanches au gaz, ont été comptabilisés dans Paris.

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Visites durant Paris Face Caché (février de chaque année).

A propos de l’auteur : Victor

Rédacteur et créateur de Brèves d’Histoire

Victor

Ma soif de savoir et de curiosité m'ont poussé à découvrir Paris d'une autre façon, à travers ces petits vestiges, trop souvent ignorés, qui, pourtant, font partie intégrante du patrimoine de la ville et racontent des histoires passionnantes, parfois tragiques, parfois loufoques.

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