Le 22 août 2019, on pouvait facilement le dépasser sans comprendre ce qui se cachait dans la pente. Juste au bord de la route entre Kobarid et Žaga, sous Tonovcov grad, un petit ouvrage en béton conservait plusieurs embrasures ouvertes vers la vallée.

Son existence et son identification ne font pas de doute. Le catalogue slovène COBISS recense en 2022 une documentation architecturale consacrée précisément à l’« obcestni bunker ob cesti Kobarid–Žaga », réalisée par Alenka Ferfolja. Le site slovène KRAJI photographie lui aussi ce bunker au débouché du sentier descendant de Tonovcov grad vers la route.

Le contexte militaire autour de Kobarid est exceptionnel. Pendant la Première Guerre mondiale, l’armée italienne aménage trois lignes de défense dans le secteur. La Walk of Peace documente, à proximité de Tonovcov grad et de la Soča, des tranchées, des positions fortifiées, un nid de mitrailleuse, un poste d’observation et des cavernes destinés à défendre les passages sur le fleuve.
Mais proximité ne vaut pas identification. Les sources consultées ne permettent toujours pas d’affirmer que ce bunker routier appartient précisément à cette troisième ligne italienne, ni de fixer avec certitude sa date de construction. Tonovcov grad conserve également des aménagements militaires de la Seconde Guerre mondiale : les archéologues ont notamment documenté un autre bunker installé dans une ancienne citerne au sommet.
Le 7 octobre 2026, Barbara Brezigar, conservatrice au ZVKDS de Nova Gorica, a confirmé à Brèves d’Histoire que les photographies montrent bien le bunker documenté par le service en 2022 et que les coordonnées sont exactes. Elle précise que l’ouvrage n’était pas protégé comme patrimoine culturel et qu’il a depuis été démoli lors de la rénovation et de l’élargissement de la route : il n’existe plus sur le terrain. Le 8 octobre 2026, le Dr Uroš Košir, conservateur au Musée d’histoire contemporaine de Slovénie, a précisé à Brèves d’Histoire que la mission de cet ouvrage était de protéger la route venant de Bovec vers Kobarid. Il n’a cependant retrouvé aucune donnée fiable permettant de dater ce bunker ou d’en identifier le constructeur. Il cite deux ouvrages similaires à Most na Soči et Solkan, qui seraient postérieurs à la Première Guerre mondiale : cette comparaison ne permet pas de dater celui de Tonovcov grad ni de l’attribuer à une armée précise. Les photographies prises en 2019 documentent aujourd’hui un vestige disparu.




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