Enceintes fortifiée

Le mur du Fort La Latte construit pour arrêter les boulets

Au Fort La Latte, un mur démesurément épais n’a pas été bâti pour faire joli : le Parados servait d’écran pare-boulets entre les canons et la partie habitée du fort.

Château de la Roche Goyon, 28 rue de la Latte, 22240 Plévenon, France

1690–1715

Vérification sur place :
septembre 2026
Le mur du Fort La Latte construit pour arrêter les boulets

À regarder sur place

  • Passe par l’étroit passage percé dans le mur : c’est là que son épaisseur devient vraiment visible. Puis recule pour observer sa longueur et comprendre qu’il formait un écran massif entre les batteries et les bâtiments habités.

À l’intérieur du Fort La Latte, je longe un mur tellement épais qu’il donne presque l’impression qu’on a oublié d’arrêter la maçonnerie. Le passage qui le traverse permet surtout de comprendre ce qu’une vue de face ne montre pas : ce mur n’est pas une simple séparation. C’est un bouclier de pierre.

Passage étroit traversant le Parados du Fort La Latte et montrant l’épaisseur du mur pare-boulets.
Le passage percé dans le Parados permet de mesurer immédiatement l’épaisseur du mur.

Son nom est le Parados, ou plus simplement le « Gros Mur ». Il appartient aux grands travaux menés entre 1690 et 1715, lorsque l’ancien château de la Roche-Goyon est transformé en fort de défense côtière. Siméon Garangeau, également orthographié Garengeau dans certaines sources, inspecteur des fortifications placé sous l’autorité de Vauban, fait alors aménager de nouvelles batteries à canons et cet épais mur pare-boulets.

Vue extérieure du Parados, le gros mur pare-boulets du Fort La Latte.
Vu de l’extérieur, le Parados ressemble à un simple mur massif. Sa fonction est pourtant très précise.

Sa fonction est assez simple à comprendre une fois qu’on connaît le truc : le Parados faisait écran entre la zone réservée aux canons et la partie habitée du fort. Un boulet tiré depuis un navire ennemi pouvait venir frapper cette masse de pierre plutôt que poursuivre sa course vers les bâtiments situés derrière. Une cloison de séparation, donc. Version Louis XIV : beaucoup plus de granite, beaucoup moins de placo.

Le panneau installé sur place le résume très clairement : les boulets ennemis pouvaient venir percuter le mur pare-boulets sans mettre en danger les autres bâtiments. Le livret officiel du château confirme lui aussi que cet épais mur est édifié pendant les remaniements de 1690 à 1715, avec précisément cette fonction d’écran protecteur.

Panneau d’information consacré au Parados, le gros mur pare-boulets du Fort La Latte.
Le panneau sur place explique le rôle du Parados comme mur pare-boulets protégeant les autres bâtiments.

Ce que j’aime ici, c’est que le vestige ne paie pas forcément de mine quand on marche simplement le long de sa façade. Il faut presque entrer dans son épaisseur pour comprendre sa raison d’être. Et d’un coup, ce gros mur un peu brutal devient la trace très concrète d’un changement d’époque : à la fin du XVIIe siècle, les vieux murs médiévaux ne suffisent plus. Face à l’artillerie, il faut désormais penser en termes de trajectoires, batteries et masses capables d’intercepter les tirs.

Le Fort La Latte conserve ainsi un élément très lisible de sa transformation en forteresse côtière moderne. Un mur fait pour qu’un boulet s’arrête là. Littéralement.

Sources et vérification

Solidité de l’affirmation historique

À vérifier

Les informations disponibles sont insuffisantes, contradictoires ou ne permettent pas actuellement de présenter l’interprétation comme suffisamment établie.

Vérification sur place : septembre 2026Cette date concerne la dernière vérification sur le terrain, indépendamment du niveau de preuve historique.

Sources et bibliographie

Sources principales

  1. Château de la Roche-Goyon / Fort La Latte — livret de visite, édition 2025 : travaux entre 1690 et 1715, construction des batteries et du « gros mur » / Parados, décrit comme un mur pare-boulets faisant écran entre la partie habitée et la zone des canons.
  2. Inventaire général du patrimoine culturel de Bretagne — Château de la Roche-Goyon dit le Fort-La-Latte : transformation de la forteresse à la fin du XVIIe siècle par Simon Garangeau, inspecteur des fortifications placé sous l’autorité de Vauban, et campagnes de 1689 à 1715.
  3. Inventaire général du patrimoine culturel de Bretagne — Château fort puis fort dit « Fort La Latte » : batteries de canons protégées des tirs venus de la mer par un mur perpendiculaire et variantes orthographiques Garangeau / Garengeau.
  4. Panneau d’information « Parados (Gros Mur) », photographié sur place le 5 août 2023 : fonction de mur pare-boulets et protection des bâtiments contre les tirs venus de la mer.
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