Le trompe-l’œil du Musée d’art et d’histoire du judaïsme

Date : 1650

Qui ne s’est jamais fait avoir par un trompe l’œil, une œuvre qui joue sur la confusion de la perception du spectateur pour montrer une autre réalité ? C’est ce qui arrive à des milliers de visiteurs qui empruntent la cour intérieure du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ)

Cour intérieure de l'Hôtel Saint-Aignan
Cour intérieure de l’Hôtel Saint-Aignan, avec l’entrée du musée à gauche et l’aile droite…à droite. Copyright vivrelemarais.typepad.fr

L’Hôtel de Saint-Aignan, qui accueille depuis 1998, le plus grand musée français d’art et d’histoire du judaïsme, est l’une des œuvres majeures de l’architecture parisienne du 17ème siècle. C’est également l’un des plus grands hôtels particuliers de la capitale. Sorti de terre en 1650 pour le compte de Claude de Mesmes (dit Comte d’Avaux), diplomate et homme de lettres français, il fut construit à l’emplacement d’un ancien hôtel familial, hérité (et détruit) par Claude d’Avaux en 1642. Pierre Le Muet, architecte français de renom (je ne dis par ça parce qu’il est originaire de Dijon – ma ville natale:)) a été mandaté pour dessiner les plans de l’édifice sur la base des grands hôtels aristocratiques de l’époque, comportant notamment un corps de logis en retrait de la chaussée et une grande cour carrée avec symétrie des façades ailes gauche et droite.

Lors de votre prochain passage au MAHJ, gardez l’œil et le bon sur l’aile gauche de la cour intérieure. Si vous regardez la façade avec attention, vous remarquerez rapidement quelques incohérences :  des volets toujours fermés et très (trop) proches des fenêtres, des mûrs-pignons implantés juste derrière l’épaisseur du mur…

Panoramique du mur-renard de l'aile gauche du Mahj
Panoramique du mur-renard de l’aile gauche du MAHJ

Eh oui, cette façade est un trompe-l’œil qui cache un pan de mur de l’ancienne enceinte de Philippe Auguste. Pour être plus précis, il s’agit d’un « mur-renard », mur aveugle percé de baies donnant une impression de profondeur et décoré de pilastres sculptés, sur le même modèle que la façade qui lui fait face. Cette technique de dissimulation innovante de Pierre Le Muet, a priori sans précédent à l’époque dans l’architecture civile parisienne, a ensuite beaucoup été utilisée au 17ème siècle pour garder une symétrie et une continuité architecturale, palliant ainsi l’impossibilité de créer un véritable corps de bâtiment.

François Riche, membre de l’association de préservation du patrimoine « Vive le Marais » nous livre une étude intéressante sur les cicatrices laissées par l’enceinte Philippe Auguste, qu’il appelle lui-même des « dents ». Il établit notamment un parallèle entre le tracé des remparts et l’alignement des bâtiments qui ont vu le jour après la destruction de l’enceinte à travers l’Hôtel Saint-Aignan, la rue Rambuteau, le passage Saint-Avoye, la rue Pecquay et la terrasse de la Cour Théophraste-Renaudot où une tour restaurée de l’enceinte demeure encore, accolée au bâtiment du Crédit Municipal.

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A propos de l’auteur : Victor

Rédacteur et créateur de Brèves d’Histoire

Victor

Ma soif de savoir et de curiosité m'ont poussé à découvrir Paris d'une autre façon, à travers ces petits vestiges, trop souvent ignorés, qui, pourtant, font partie intégrante du patrimoine de la ville et racontent des histoires passionnantes, parfois tragiques, parfois loufoques.

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