Dans la cour de l’Hôtel de Saint-Aignan, qui abrite aujourd’hui le mahJ, une façade semble parfaitement répondre à celle qui lui fait face. Pourtant, derrière ses fausses fenêtres, il n’y a pas de véritable aile de bâtiment.
Lorsque Pierre Le Muet achève l’hôtel vers 1650 pour Claude de Mesmes, la parcelle est irrégulière et bute sur le tracé de l’ancienne enceinte de Philippe Auguste. Pour conserver la symétrie de la cour, l’architecte compose un mur-renard : une façade en trompe-l’œil, avec pilastres et ouvertures factices, qui masque et intègre cette contrainte médiévale.
Le mahJ présente ce dispositif comme l’une des trouvailles architecturales les plus originales de l’hôtel. La Ville de Paris rappelle de son côté que le mur trompe-l’œil est directement lié au tracé de l’enceinte de Philippe Auguste.
Le résultat est assez savoureux : un mur du XIIIe siècle a obligé un architecte du XVIIe à fabriquer une façade qui fait encore illusion au XXIe. Trois époques dans le même coup d’œil, sans même changer de cour.





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