Détails

  • Adresse :
    9 Rue des Vieux Remparts
  • Date/période du vestige :
    XVIIe–XVIIIe siècles
  • Droit d'accès :
    Gratuit

Accessible

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  • 27 juin 2026 5 h 39 min

Description

Dans l’intra-muros de Saint-Malo, la rue des Vieux-Remparts porte bien son nom. Elle rappelle une limite ancienne de la ville close : la rue des Vieux-Remparts marque la limite sud de l’enceinte primitive de Saint-Malo, avant les accroissements réalisés au XVIIIe siècle.3 Entre les façades de pierre, un passage à pans de bois traverse la rue comme une passerelle suspendue. Ce détail architectural très visible appartient à un lieu plus discret : l’ancien couvent des Récollets, signalé par la base Mérimée du ministère de la Culture au 9 rue des Vieux-Remparts.1

Passage à pans de bois rue des Vieux-Remparts à Saint-Malo.
Le passage à pans de bois traverse la rue des Vieux-Remparts, dans l’intra-muros de Saint-Malo.
Passage à pans de bois rue des Vieux-Remparts à Saint-Malo.
La structure se lit comme une liaison ancienne au-dessus de la rue.
Passage à pans de bois rue des Vieux-Remparts à Saint-Malo.
Le panneau sur place replace la rue dans l’histoire des anciens remparts et du couvent des Récollets.
Passage à pans de bois rue des Vieux-Remparts à Saint-Malo.
Au numéro 9, le bâti garde la mémoire d’un ancien ensemble religieux devenu caserne puis habitations.
Passage à pans de bois rue des Vieux-Remparts à Saint-Malo.
Dans cette rue étroite, le passage rappelle les adaptations successives de la ville close.

Le panneau installé sur place explique que la rue marque la limite sud de l’ancienne enceinte avant les agrandissements de la ville. Au numéro 9, on aperçoit les restes du premier petit monastère que les Récollets de l’île de Cézembre entreprennent de construire en 1618.4 Le même parcours historique municipal reprend cette chronologie : agrandissement par une nouvelle chapelle en 1643, puis développement vers 1720 de l’autre côté de la rue, après la démolition des vieux remparts.2

La notice Mérimée apporte un repère institutionnel complémentaire : elle retient 1642 comme campagne principale de construction de l’ancien couvent et précise que l’édifice était destiné aux Récollets.1 Elle confirme aussi l’adresse, au 9 rue des Vieux-Remparts, avec une mention ancienne du numéro 8, ce qui correspond bien à un ensemble réparti de part et d’autre de la rue.1

C’est là que le passage prend tout son sens. Pour relier les bâtiments, des passages voûtés sont établis au-dessus des rues des Vieux-Remparts et Robert-Surcouf. Celui qui subsiste ici constitue un témoignage tardif de construction à pans de bois : le parcours historique souligne que l’usage de ce matériau avait pourtant été interdit après l’incendie de 1661.2

Ce passage n’est donc pas seulement une curiosité pittoresque. Il fait partie d’un ensemble reconnu : les façades, les restes du cloître, le portail de la cour, le pont sur la rue et les toitures de l’ancien couvent des Récollets sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 14 février 1946.1

L’histoire du lieu continue ensuite à se transformer. Pendant la Révolution, l’ancien couvent devient la caserne Saint-François, avant d’être converti au début du XXe siècle en maisons d’habitation.2 Le passage que l’on voit aujourd’hui garde ainsi la mémoire d’un bâtiment religieux, d’un usage militaire, puis d’un tissu d’habitations intégré à la ville close.

Cette lecture par les traces urbaines rejoint d’autres vestiges d’enceinte que j’aime repérer : à Paris, par exemple, les remparts de Charles V se devinent encore dans un dénivelé et un escalier. À Saint-Malo, la logique est différente, mais le regard est le même : comprendre une ville à partir de ce qu’elle laisse dans ses rues.

En levant les yeux dans cette rue étroite, on lit plusieurs Saint-Malo à la fois : celui des remparts disparus, celui des religieux installés dans l’intra-muros, celui des reconversions après la Révolution, et celui des traces qui restent discrètement au-dessus de nos têtes.

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