Je suis passé sous ce pont un nombre incalculable de fois sans vraiment m’y arrêter. En le regardant de plus près, ce sont d’abord sa grande voûte, ses pierres et les imposants ancrages métalliques sur ses façades qui attirent mon attention. Rien n’indique pourtant que ce passage ferroviaire aujourd’hui banal s’est retrouvé au cœur d’une bataille.
Du 30 novembre au 2 décembre 1870, les troupes françaises tentent de rompre l’encerclement de Paris. Elles franchissent la Marne et progressent vers Champigny, Bry et Villiers, où elles affrontent notamment les troupes wurtembergeoises retranchées dans le secteur.
À Villiers, ce petit ouvrage ferroviaire est directement associé aux combats. La Ville identifie le Pont des Soupirs, également appelé Petit Pont, comme le théâtre de l’affrontement des deux camps et précise qu’il a été conservé puis restauré en raison de son caractère historique.
Le chemin de fer était déjà là : la ligne Paris–Mulhouse atteint Villiers au XIXe siècle, bien avant la bataille. Cela ne signifie pas pour autant que chaque pierre visible aujourd’hui date de 1870. L’ouvrage a connu des interventions ultérieures, notamment une remise en état de sa voûte en 2007.
Plus de 150 ans après les combats, voitures, piétons et trains continuent donc de traverser cet endroit. Il faut connaître son histoire pour comprendre que sous ce pont discret de Villiers-sur-Marne, Français et Wurtembergeois se sont autrefois affrontés.




CommentairesVoir ou ajouter un commentaire
Ajouter un avis