À première vue, ce sont surtout des murets bas, des fondations et quelques sols protégés sous des auvents. Pourtant, ce morceau de Ljubljana raconte près de cinq siècles d’évolution d’un même bâtiment, depuis une maison romaine jusqu’à l’un des principaux lieux de la communauté chrétienne d’Emona.
La maison est construite au début du Ier siècle, au sein de la ville romaine d’Emona. Elle est remaniée plusieurs fois. Au début du IVe siècle, les sols sont refaits, un chauffage par hypocauste est installé et trois petits bassins apparaissent : le musée de Ljubljana estime que cette partie du bâtiment a alors pu devenir des bains privés.
Le changement le plus spectaculaire arrive ensuite. Dans la seconde moitié du IVe siècle, une partie de la maison est transformée en lieu de prière chrétien. Puis, au début du Ve siècle, un baptistère rectangulaire est construit près de la cour centrale, avec un petit bassin destiné au baptême.
Son sol était couvert d’une mosaïque polychrome portant les noms d’habitants d’Emona ayant financé sa réalisation. Le portique menant au baptistère possédait lui aussi une mosaïque : une inscription y mentionne l’archidiacre Antiochus. Ces traces matérielles, complétées par les textes mentionnant des évêques d’Emona, témoignent d’une communauté chrétienne déjà solidement implantée dans la ville antique.
Les vestiges présentés aujourd’hui sont bien ceux découverts lors des fouilles archéologiques. Leur présentation est toutefois moderne : pour préserver notamment le baptistère et sa mosaïque, celle-ci a été temporairement déposée, le terrain consolidé et drainé, puis la mosaïque replacée. Ici, l’Antiquité est donc encore sous tes yeux — mais avec quelques décennies de conservation entre elle et nous.





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