Au 11 cité Malesherbes, la façade ressemble presque à un manifeste personnel. Le peintre Pierre-Jules Jollivet y fait construire son hôtel en 1858 par l’architecte Anatole Jal et le couvre de décors polychromes en lave émaillée.
Sous les fenêtres apparaissent six scènes bibliques. Ce sont des réductions des panneaux que Jollivet avait conçus pour le porche de l’église Saint-Vincent-de-Paul : Création d’Ève, Péché originel, expulsion du Paradis, Adoration des Mages, Baptême du Christ et Cène.
Les originaux de l’église provoquent un vrai scandale moral. Un document de la Ville de Paris rappelle qu’ils sont retirés vers 1860 « pour cause d’inconvenance ». Ils ne retrouveront la façade de Saint-Vincent-de-Paul qu’au XXIe siècle. Les versions réduites de la cité Malesherbes, elles, sont restées sur la maison de leur auteur.
Jollivet avait donc trouvé une solution assez élégante à la censure : si Paris ne voulait plus de ses peintures sur une église, il pouvait toujours les afficher chez lui. La façade est aujourd’hui inscrite au titre des Monuments historiques.





Laërte
15 septembre 2017 à 12 h 38 minLes peintures « osées » ont été replacées sur la façade de Saint Vincent de Paul en 2011. Voir http://laerteperedulysse.blogspot.fr/2014/06/eglise-saint-vincent-de-paul-et-square.html
Ceci dit, il faut que je tâche d’aller voir cette maison de la cité Malesherbes.
gino
15 septembre 2017 à 15 h 39 minMerci pour ce complément d’information. J’irais voir de mon côté la façade de Saint-Vincent-de-Paul 😉 A bientôt !