Au 60 boulevard Saint-Michel, la façade de Mines Paris – PSL conserve des impacts liés à deux périodes de guerre. Une plaque les rattache au bombardement de Paris de 1918 et aux combats de la Libération du 25 août 1944.
Pour 1918, les archives sont précises : l’historique de l’École des Mines indique que trois bombes allemandes de 100 kg sont tombées devant l’établissement le 30 janvier 1918 à 23 h 35, à quelques mètres seulement du mur. Des photographies conservées par la BnF, prises le 31 janvier, montrent les dégâts dès le lendemain.
Or la plaque visible sur la façade porte la date du 20 janvier 1918. Contacté par Brèves d’Histoire, Ludovic Bouvier, archiviste à Mines Paris – PSL, estime lui aussi qu’une erreur de gravure est l’explication la plus probable. Il poursuit toutefois des recherches dans les archives architecturales de l’École. Cette explication reste donc une hypothèse très solide, mais pas encore une conclusion définitivement documentée.
Les marques de 1944 se superposent à ce premier épisode. Les photographies de 1918 sont aujourd’hui l’un des meilleurs moyens de distinguer ce qui était déjà présent avant la Libération, mais il serait imprudent d’attribuer chaque cavité actuelle à un projectile précis.
Un autre témoin matériel a même été retrouvé bien plus tard : lors d’un ravalement en 1999, une balle tirée contre la façade a été découverte. Mines Paris – PSL la conserve aujourd’hui dans l’une de ses vitrines.
Cette façade raconte donc deux guerres, mais aussi la manière dont on documente leurs traces : les pierres, les photographies d’époque, une balle conservée et une plaque dont la date elle-même fait encore l’objet d’une enquête.
Dans le même secteur, les murets du Jardin du Luxembourg conservent d’autres marques matériellement reliées aux combats d’août 1944.





Leo
21 février 2022 à 13 h 52 minMerci!