Au 16 rue de la Croix-Faubin, cinq dalles de pierre affleurent dans la chaussée. Elles ne sont pas décoratives : la Ville de Paris les identifie comme les pierres que l’on retirait pour installer la guillotine devant l’ancienne prison de la Grande Roquette.
Le musée Carnavalet apporte un détail étonnant sur leur histoire. Sa notice consacrée à la prison indique que les cinq dalles d’assise de la guillotine furent emportées en 1871 par le directeur de la prison à son domicile. Après le refus du musée Carnavalet de les recevoir, elles furent finalement reposées à leur emplacement initial.
Les exécutions publiques liées à la Grande Roquette se déroulèrent dans ce secteur au XIXe siècle, jusqu’en 1899. Le surnom d’« abbaye des cinq pierres » est traditionnellement associé à l’endroit ; ce qui est désormais solidement documenté, c’est surtout l’usage matériel des cinq pierres pour l’échafaud. De l’ancienne prison elle-même, il reste aujourd’hui un portail conservé de la Petite-Roquette, à ne pas confondre avec la Grande Roquette associée aux exécutions.
On peut donc traverser la rue en quelques secondes sans rien remarquer… ou réaliser que l’on vient de marcher sur une infrastructure authentique de la peine capitale.





CommentairesVoir ou ajouter un commentaire
Ajouter un avis