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Détails
  • Lieu-dit :
    Square de la Roquette (entrée)
  • Adresse :
    143 rue de la Roquette, paris
  • Date/période du vestige :
    Règne Charles X (1824 à 1830)
  • Droit d'accès :
    Gratuit
Accessible
Accessible sans restriction aujourd’hui
  • Lundi

    Accessible sans restriction

  • Mardi

    Accessible sans restriction

  • Mercredi

    Accessible sans restriction

  • Jeudi

    Accessible sans restriction

  • Vendredi

    Accessible sans restriction

  • Samedi

    Accessible sans restriction

  • Dimanche

    Accessible sans restriction

  • 25 août 2019 14 h 06 min

Description

Sous le règne de Charles X, la prison de la Petite Roquette à destination des jeunes détenus fut construite sur une partie de l'ancien couvent des Hospitalières de la Roquette, en 1826. C'est l'architecte Hyppolyte Lebas, à qui on doit notamment la construction de l'Eglise Notre-Dame-de-Lorette, qui fut à l'origine de l'édifice. Suite à la fermeture de la prison de Bicêtre 10 ans plus tard, la "Roquette" accueillit des jeunes âgés de 6 à 20 ans et des enfants incarcérés pour "correction paternelle". Dès la fin des années 1920, la prison compta également des femmes parmi ses détenus suite à la fermeture de la prison de Saint-Lazare. Il ne reste aujourd'hui comme seul vestige de la prison de la Petite roquette que son portail d'entrée, donnant sur un square au 143 rue de la Roquette. En face, sur l'ancienne place de la Roquette (appelée aussi Abbaye des cinq pierres), 70 têtes tombèrent sous le coup de la guillotine.

Sources

http://sur-les-toits-de-paris.eklablog.net/histoire-de-la-petite-roquette-c18006813

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    LUCIE PIRO
    3 mai 2019 à 0 h 33 min

    Je n’ai pas connu la torture dans cette prison mais une infinie douceur de vivre. Le jour de ma naissance, je sortais à peine le bout de mon nez que ma mère criait « retirez moi CA » ! ça c’était moi, une très jolie petite fille au dire de mon père mais à peine née je partais pour l’orphelinat. Accouchée par une religieuse, je me retrouvais à St Vincent de Paul chez les religieuses. J’y passerais les 6 premières années de ma vie. Pas le droit de parler de rire de se prendre par la main et autres brimades, le soir de Noël les religieuses mettaient dans nos bras de jolies poupées. Hélas une fois la photo prise, les jolies poupées nous étaient confisquées. Le WE, les parents venaient chercher leurs enfants, les noms s’égrainaient les uns après les autres et comme d’habitude, je restais seule. L’une des religieuses s’approche de moi avec une petite corbeille et me dit « tu sais ce qu’il te reste à faire » ? Dans la corbeille une paille de fer du cirage un chiffon. Du haut de mes six ans, je me mettais à genoux en pleurant pour nettoyer ce dortoir qui sera de toute évidence détérioré lorsque les enfants reviendront avec leurs galoches crottées. L’endroit où je devais être protégée aimée a été l’endroit le plus frustrant de toute ma vie interdisant à mon père cuisinier de me rendre visite, celle-ci étant terminée lorsqu’il sortait de son restaurant. Lorsque ma mère m’a récupéré c’était pour laver repasser faire les courses et autres corvées, une fois terminées elle me mettait sur un pallier glacé à ciel ouvert où là un militaire à la retraite venait me récupérer sous prétexte de me mettre au chaud et m’emmenait dans son lit, sous ses couvertures. Pour Noël, je n’avais jamais rien, toujours trop grande ou trop petite. A l’école, je sortais livres et cahiers de mon cartable… ils étaient en lambeaux. Convoquée, ma mère faisait croire que c’était moi pour ne pas aller à l’école. J’attendrais mes 18 ans pour me marier avec le premier venu, hélas il était brutal moi qui rêvait d’entretenir une maison, élever des enfants, je me retrouvais prisonnière d’un être machiavélique qui m’enfermait le matin et n’ouvrait la porte que le soir. Je me retrouve enceinte malgré tout je suis heureuse, j’aurais enfin quelqu’un à aimer. Les jours passent aucune attention de sa part, je fais en sorte de bien faire les choses pour éviter toute dispute mais ce qui est à droite il le veut à gauche, le lendemain ce sera le contraire et la table était retournée et me criait ramasse ! Je suis près de mes 9 mois de grossesse, il m’apporte de quoi m’habiller et me dit « dépêche toi » je t’emmène dans un restaurant du côté de Versailles, je suis heureuse je suis sûr que cette fois il a compris que j’étais une bonne épouse et une bonne mère. Le long du chemin il ne parle pas, il arrête la voiture près d’un restaurant et … repart me laissant là prête a accoucher au milieu de la forêt, je n’arrive plus à me souvenir comment j’ai pu rentrer chez moi. Arrivée à mon domicile mon mari était parti en vacances avec son père, sa moto n’était plus là. A son retour, trois semaines plus tard, il recommence à m’enfermer dans une toute petite chambre qui donne sur une toute petite cour qui ressemblait à une cheminée, impossible de sortir par là, il y avait des barreaux à toutes les fenêtres de ce fait la pièce était très sombre, mon fils ne cessait de hurler, je suis brûlante j’ai mal à la tête à la gorge, je griffonne sur un papier SVP je suis malade contactez le Dr Rolland et l’adresse, j’arrive à le glisser sous la porte mais c’est mon mari qui le trouve en rentrant, il va de suite arracher les fils de la sonnette d’entrée qui se trouvaient à l’époque à l’extérieur autour de la porte d’entrée. Le médecin prévenu par une voisine vient frapper à la porte il frappe de plus en plus fort, mon mari met sa main sur ma bouche et m’enferme à nouveau je vais très mal et le petit ne cesse de crier. Je me souviens tout à coup qu’il y a dans la table de nuit un pistolet je le prends et tire dans le verrou pour ouvrir cette porte mais au même moment mon mari passe dans le couloir et la balle eraffle son épaule, il m’ordonne de rentrer à nouveau dans cette chambre et appelle la police en disant que j’avais essayé de le tuer, si tel était le cas l’appartement étant si petit je ne l’aurais pas raté. Je suis en chemise de nuit puisque mon mari a lacéré toutes mes affaires pour être sur que je ne sortirais pas très loin même la porte ouverte. Les policiers m’emmènent dans le panier à salade mon fils dans les bras mais à peine démarrée la voiture s’arrête, l’enfant hurle toujours et ça agace les policiers. La porte s’ouvre, le chauffeur va m’arracher mon fils des bras en disant là ou vous allez vous n’en aurez pas besoin, malade 40 de fièvre un flegmon à la gorge j’irais à cuscot dernier étage de l’hôtel Dieu là où l’on met les prisonniers malades. J’y resterais un bon moment puis un mois à l’infirmerie de la prison de la Roquette. Je ne pesais que 39 kg pour 1.60 m. Petit à petit, je reprends mes esprits et me retrouve une fois de plus entourée de religieuse, celle-ci est adorable, me parle très gentiment et me demande avec un accent hollandais, mais que faîtes-vous ici ? Vous êtes si petite si fragile ? je lui raconte mes mésaventures et lui demande un papier et un crayon. Depuis mon mariage mon père n’avait pas le droit de venir me voir quand il sonnait mon mari ne répondait pas, j’apercevais à travers les volets fermés mon père s’en aller. Il m’avait déconseillé de me marier avec cet individu me disant qu’il violentait sa première femme et qu’elle avait fini à l’hôpital mais je ne le croyais pas. Je venais d’être incarcérée dans une cellule triangulaire de trois couleurs différentes, beige sale, vert et marron, j’écrivais à mon père, « mon cher papa, pour la première fois de ma vie je suis heureuse, les religieuses me parlent doucement et tout le monde ici se demande ce que je fais là mais moi je n’ai rien à me mettre mais je suis heureuse. Cette fois il a l’autorisation de venir me voir et au lieu de se reposer pendant sa pose fera la file pendant des heures pour ne me voir que très peu de temps. Papa m’aime beaucoup et pleure chaque fois qu’il vient me voir et je lui répète sans cesse, ne pleure pas papa si tu savais comme je suis heureuse, personne ne me frappe au contraire toutes les femmes sont gentilles avoir moi, les religieuses et les surveillantes. Je n’ai jamais trouvé autant d’humanité que dans cette prison j’ai pleuré quand elle a été démolie, j’étais l’une des dernières détenues…

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      gino
      3 mai 2019 à 20 h 05 min

      Bonsoir Lucie,

      Merci beaucoup pour ce récit et cette tranche de vie à la fois passionnante et touchante. Je vois que vous n’avez pas eu la vie que vous rêviez mais que la finalité qui aurait pu être encore tragique a été, comme vous le dites, heureuse. Vous donnez une autre vision de la prison de la petite roquette qui est étonnante. Est-ce que vous vous rappelez de votre date d’entrée à la prison de la Petite Roquette ? Peut-être quelques détails sur votre vie au sein de la prison, votre relation avec les autres détenues ou encore une description des lieux de vie ? Désolé avec toutes ces questions mais je suis curieux et je crois savoir que vous n’êtes pas avare de paroles à ce sujet 🙂

      Merci encore pour votre contribution, les lecteurs de Brèves d’Histoire vous en seront très reconnaissants !

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