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« Quand tu sonneras, je chanteray » : le cadran solaire de la rue de l’Abreuvoir

Au 4 rue de l’Abreuvoir, le cadran solaire actuel est généralement daté de 1924. Mais une carte postale de 1913 montre déjà un élément au même secteur de façade, sans que l’on puisse déterminer ce qu’il représentait.

4 rue de l’Abreuvoir, Paris

1924

Vérification sur place :
mars 2019
« Quand tu sonneras, je chanteray » : le cadran solaire de la rue de l’Abreuvoir

À regarder sur place

  • Compare la carte postale de 1913 avec la façade actuelle : repère l’élément déjà visible près de l’emplacement du cadran, puis observe le coq, la devise et les détails du cadran daté de 1924.

Au 4 rue de l’Abreuvoir, un coq accompagne un cadran solaire portant une devise plutôt bien choisie : « Quand tu sonneras, je chanteray ».

La chronologie du lieu est plus ancienne qu’on ne le lit parfois. Un permis de construire est délivré le 17 octobre 1912 pour une construction de deux étages destinée à Joseph Daviel de La Nézière, sur des plans des architectes Caignart de Mailly et Guéritte. Une carte postale oblitérée en 1913 montre déjà le bâtiment achevé.

Carte postale du 4 rue de l’Abreuvoir à Montmartre en 1913
Le 4 rue de l’Abreuvoir en 1913. À l’emplacement du cadran actuel apparaît déjà un élément clair. Son agrandissement, étudié par la Commission des cadrans solaires de la Société astronomique de France à ma demande, ne permet toutefois pas de déterminer s’il s’agissait déjà d’un cadran solaire. Carte postale J. Hauser — CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet.

Le cadran visible aujourd’hui est attribué au commandant Henry Lachouque et daté de 1924 dans la documentation spécialisée. Lachouque, militaire et historien passionné par Napoléon et le Premier Empire, aurait transformé le bâtiment cette année-là. Le cadran, peint en bleu, est un cadran déclinant de l’après-midi orné d’un coq et de la devise « Quand tu sonneras, je chanteray ».

Mais la photographie de 1913 complique joliment l’histoire. À l’emplacement actuel du cadran, on distingue déjà un élément clair. Sollicitée par Brèves d’Histoire, la Commission des cadrans solaires de la Société astronomique de France a examiné et agrandi cette image. Pour Jean-Claude Berçu, de ses commissions Histoire et Cadrans solaires, l’image semble bien montrer l’emplacement d’un cadran ; sa définition est cependant insuffisante pour savoir si un cadran était effectivement installé. Philippe Sauvageot, de la même Commission, relève également sur l’agrandissement plusieurs détails intrigants : un coq dans la partie haute, un trait sombre pouvant évoquer un style et des marques périphériques susceptibles de correspondre à des repères horaires. Ces observations renforcent l’hypothèse qu’un cadran ait pu exister ici avant 1924, sans permettre de l’affirmer à partir de cette seule photographie. Les recherches iconographiques complémentaires n’ont pas permis de retrouver une vue assez précise de la façade avant 1924 pour trancher.

On peut donc établir que le bâtiment date de 1912-1913 et que le cadran actuel est attribué à Lachouque en 1924. En revanche, l’existence d’un premier cadran solaire dès 1913 reste une hypothèse sérieuse mais non démontrée. Le dispositif de Lachouque pourrait ainsi avoir remplacé ou transformé un élément antérieur.

La graphie volontairement archaïsante de « chanteray » contribue au charme de l’ensemble. En revanche, l’explication souvent répétée selon laquelle certaines lettres auraient été volontairement dessinées à l’envers pour faire référence à l’alphabet cyrillique reste non documentée.

Plus d’un siècle après la photographie de 1913, le cadran garde donc une petite zone d’ombre — ce qui, pour un cadran solaire, est plutôt bien trouvé.

Détail du vestige « Quand tu sonneras, je chanteray » : le cadran solaire de la rue de l’Abreuvoir
Détail à observer sur place.
Sources et vérification

Solidité de l’affirmation historique

Attribution probable

L’interprétation est étayée par des éléments crédibles mais une incertitude réelle subsiste. Le texte de la fiche doit lui-même conserver une formulation prudente.

Vérification sur place : mars 2019Cette date concerne la dernière vérification sur le terrain, indépendamment du niveau de preuve historique.

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