Au détour d’une allée du Jardin d’Agronomie Tropicale René-Dumont, ce minuscule édifice passe presque pour un simple décor. Pourtant, ses panneaux sculptés, ses inscriptions verticales et sa toiture aux angles relevés appartiennent bien à l’histoire ancienne du site.
L’APUR l’identifie explicitement dans son inventaire du jardin sous le nom de « Pagodon chinois ». Il faut d’ailleurs le distinguer de la « Pagode indochinoise », autre élément répertorié séparément sur le même site.
Son ancienneté est également documentée par les archives du CIRAD. Une photographie ancienne, aujourd’hui numérisée dans les collections de la BnF/Gallica, montre déjà le pagodon avec le Pont tonkinois dans les années 1920. Le petit monument est donc présent ici depuis au moins un siècle.
Sa fonction exacte demande davantage de prudence. Lors d’une visite guidée relatée par Le Parisien en 2020, le pagodon est présenté comme un petit autel indochinois destiné à honorer des divinités ou à marquer un lieu associé à un décès accidentel. Cette interprétation est intéressante, mais je n’ai pas encore retrouvé de document d’époque permettant de la considérer comme définitivement établie.
Le pagodon se trouve dans l’ancien Jardin colonial de Nogent, créé à la fin du XIXe siècle et profondément marqué par l’histoire coloniale française. Le site accueille notamment une exposition coloniale en 1907. En revanche, les sources actuellement retrouvées ne permettent pas encore d’affirmer avec certitude que ce pagodon a été construit spécifiquement pour cette exposition.
Aujourd’hui, son état raconte lui aussi une histoire : le couronnement supérieur a disparu, certaines parties sont très usées, mais le décor sculpté reste nettement lisible. Ce petit édifice que l’on pourrait facilement ignorer est donc une véritable trace matérielle du Jardin colonial — discrète, fragile et toujours visible plus d’un siècle après les premières photographies connues.




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