4ème arrondissement · Notre-Dame · Gravures & graffitis

La « Femme sans Teste » et le saint décapité : deux histoires différentes

À l’angle de la rue Le Regrattier, une ancienne inscription « Femme sans Teste » se trouve sous une niche liée à un Saint-Nicolas décapité à la Révolution. Tout semble lié — mais le nom venait d’une autre histoire.

19 quai de Bourbon, paris

Ancien nom de rue + souvenir révolutionnaire

Vérification sur place :
mars 2019
La « Femme sans Teste » et le saint décapité : deux histoires différentes

À regarder sur place

  • À l’angle de la rue Le Regrattier et du quai de Bourbon, repère l’inscription ancienne « Femme sans Teste », puis la niche située au-dessus avec sa représentation de Saint-Nicolas.

À l’angle de la rue Le Regrattier et du quai de Bourbon, deux détails semblent raconter la même histoire : l’ancienne inscription « RUE DE LA FEMME SANS TESTE » et, juste au-dessus, une niche historiquement liée à une statue de Saint-Nicolas décapitée pendant la Révolution.

Le rapprochement est presque trop parfait. Le musée Carnavalet documente pourtant deux histoires distinctes. Un dessin de 1887 porte la mention selon laquelle l’ancien nom de la rue venait d’une enseigne de cabaret. De son côté, Carnavalet identifie bien la sculpture mutilée comme Saint-Nicolas et conserve plusieurs vues anciennes de la niche.

La chronologie confirme qu’il faut se méfier de l’évidence visuelle : l’appellation « Femme sans Tête » est attestée bien avant la mutilation révolutionnaire de la statue. La décapitation du saint n’est donc pas à l’origine du nom de rue.

Ce que l’on voit aujourd’hui superpose ainsi plusieurs couches : un ancien nom de voie gravé dans la pierre, le souvenir d’une enseigne disparue, une sculpture religieuse mutilée à la Révolution et une représentation de Saint-Nicolas revenue dans la niche.

BDH adore ce genre de piège : tout paraît raconter une seule anecdote, alors que le vrai plaisir consiste justement à démêler deux histoires que le hasard a placées l’une au-dessus de l’autre.

Détail du vestige La « Femme sans Teste » et le saint décapité : deux histoires différentes
Détail à observer sur place.
Sources et vérification

Solidité de l’affirmation historique

Bien documenté

Plusieurs sources sérieuses et concordantes permettent d’étayer l’histoire, mais il peut manquer une preuve primaire ou absolument décisive.

Vérification sur place : mars 2019Cette date concerne la dernière vérification sur le terrain, indépendamment du niveau de preuve historique.

Sources et bibliographie

  1. Musée Carnavalet / Paris Musées — dessin de l’angle de la rue Le Regrattier, 1887 : la légende du document attribue l’ancien nom « Femme sans Tête » à une enseigne de cabaret.
  2. Musée Carnavalet / Paris Musées — « La Femme sans tête », Eugène Atget : identification de la statue mutilée comme Saint-Nicolas décapité à la Révolution.
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