Au 14 rue Thouin, l’immeuble se termine par une paroi étonnamment étroite et abrupte. Ce profil en sifflet n’est pas une fantaisie d’architecte : il résulte de la manière dont la maison s’est greffée sur l’ancien tracé de l’enceinte de Philippe Auguste.
La rue est ouverte à partir de 1685 sur les anciens fossés de la muraille. La maison est généralement datée de 1688 et aurait pris appui contre le rempart encore présent. Lorsque cette portion de mur est ensuite supprimée, elle laisse derrière elle une cour et cette façade latérale brutalement dégagée.

Le vestige est donc ici moins spectaculaire qu’une muraille de plusieurs mètres : c’est la forme même du bâtiment qui conserve la mémoire d’une construction disparue. Des éléments de maçonnerie attribués à l’enceinte subsistent également côté cour, dans une propriété privée.
Philippe Auguste n’a pas laissé un mur visible sur le trottoir ; il a laissé un immeuble qui semble avoir été coupé au couteau. C’est parfois tout aussi parlant.





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