Dans le parc Montsouris, une haute stèle de pierre percée d’une ouverture circulaire semble matérialiser le célèbre méridien de Paris. C’est presque vrai — et le « presque » est justement ce qui la rend intéressante.
La mire du Sud, également appelée mire de l’Observatoire, est édifiée en 1806, bien avant l’aménagement du parc dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle servait de repère aux astronomes de l’Observatoire de Paris pour régler l’alignement nord-sud de certains instruments.
Elle n’est donc pas placée exactement sur la ligne du méridien. Les instruments concernés se trouvaient eux-mêmes dans l’aile orientale de l’Observatoire : la mire a été positionnée dans leur axe, avec un décalage de quelques dizaines de mètres par rapport au méridien proprement dit.
La pierre conserve une autre curiosité. On peut encore lire : « DU RÈGNE DE … MIRE DE L’OBSERVATOIRE MDCCCVI ». Le nom de Napoléon, qui figurait dans l’espace aujourd’hui vide, a été supprimé au burin. Le musée Carnavalet documentait déjà cette inscription mutilée sur un dessin de 1887.
La mire est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 19 octobre 1928. Elle ne marque donc pas au centimètre près le méridien de Paris ; elle conserve quelque chose de plus concret : la manière dont les astronomes matérialisaient autrefois leurs axes d’observation dans le paysage.





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