Au 5 bis rue de Verneuil, les murs extérieurs de la maison de Serge Gainsbourg sont couverts de mots, dessins et signatures. On pourrait croire à un mémorial né après sa mort. En réalité, les fans avaient commencé à écrire ici alors qu’il était encore vivant.
Gainsbourg acquiert cette maison en 1968 et s’y installe l’année suivante. Il y vivra jusqu’à sa mort en 1991. La Maison Gainsbourg rappelle que le mur reste d’abord vierge, puis qu’un premier graffiti en entraîne d’autres. L’artiste ne cherche pas à les interdire ; ces messages finissent par devenir une sorte de correspondance publique avec ses admirateurs.
Après 1991, le phénomène continue. Il faut toutefois éviter de prendre le mur actuel pour une surface restée intacte depuis l’époque du chanteur : la façade a été nettoyée ou repeinte à plusieurs reprises, puis de nouveau recouverte. Les inscriptions que l’on voit aujourd’hui ne sont donc pas, pour la plupart, des graffitis « d’origine ».
Le vrai vestige est ailleurs : dans la maison elle-même, conservée par la famille, et dans cette pratique continue qui transforme sa façade depuis des décennies. Un mur qui a été effacé plusieurs fois, mais qui refuse obstinément de rester propre.





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