Au 3 rue du Colonel-Marchand, je passe devant un long bâtiment bas, couvert de tuiles et aujourd’hui enduit de gris. Rien, ou presque, ne signale ce qu’il est : la Ville de Villejuif l’identifie pourtant comme le pavillon du concierge de l’ancien château de Saint-Roman.
L’histoire du domaine remonte au XVIIe siècle. Jean Duret acquiert la seigneurie de Villejuif en 1672. Après avoir revendu l’ancien logis seigneurial en 1674, il choisit un nouveau terrain au nord du village. En 1680, des marchés passés avec un maître carrier d’Arcueil puis avec des tailleurs de pierre montrent que le nouveau château est alors en pleine construction.
Le domaine passe ensuite à la famille de Saint-Roman. À partir du milieu du XIXe siècle, il n’est plus habité par ses propriétaires, est divisé en logements et se dégrade progressivement. Le parc est loti au début du XXe siècle. Le gros œuvre du château proprement dit ne disparaît qu’à la fin des années 1980.
Aujourd’hui, l’Inventaire général du patrimoine indique qu’il ne subsiste plus que le logement du concierge et une partie des communs, très remaniés. Le PLU de Villejuif localise précisément le pavillon du concierge au n°3, parcelle 55. Un parcours historique municipal confirme également que le pavillon visible sur une ancienne carte postale existe toujours à cette adresse.
Il faut toutefois rester prudent devant le bâtiment actuel : les sources confirment l’identité du pavillon, mais elles ne permettent pas d’affirmer que chaque mur, chaque ouverture ou chaque partie de toiture visible aujourd’hui date de 1680. Le vestige a traversé plus de trois siècles de transformations. C’est justement ce qui le rend facile à manquer.




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