Entre la place de la Concorde et le palais Bourbon, le pont de la Concorde conserve une partie très particulière de la Bastille : non pas une pierre exposée comme un souvenir, mais des matériaux réemployés dans la construction même du pont.
La Ville de Paris date sa construction de 1787 à 1791. Après la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, des pierres issues de sa démolition furent utilisées pour achever l’ouvrage de Jean-Rodolphe Perronet.
Le pont a ensuite été considérablement élargi entre 1930 et 1932. L’Association française de génie civil précise que deux éléments de pont furent ajoutés en amont et en aval, sur des piles indépendantes, en reproduisant le profil de l’ouvrage ancien. Le pont actuel mêle donc le noyau historique de Perronet et ses extensions du XXe siècle.
Rien ne permet d’identifier à l’œil nu telle pierre comme provenant de la Bastille. Le vestige tient ici au réemploi documenté du matériau : on traverse chaque jour un ouvrage révolutionnaire construit en partie avec les restes du symbole que la Révolution venait d’abattre.





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