Fragments de l’Hôtel de la Chancellerie d’Orléans

Date : 1706

Construit en 1706 et transformé en 1772, l’hôtel particulier situé à l’angle des rues Colonel-Driant et Valois connut plusieurs désignations au fil de sa vie, les plus significatives étant l’Hôtel d’Argenson et de la Chancellerie d’Orléans. En 1720, l’hôtel fut vendu au Duc d’Orléans et attribué au chancelier Marc d’Argenson en 1725 comme logement de fonction. Des agrandissements furent entrepris la même année pour accueillir la famille nombreuse du chancelier. En 1897, malgré l’ajout de plusieurs niveaux et d’un vitrage couvrant la cour, l’hôtel conserva plusieurs éléments d’origine notamment son entrée sur la rue des bons-enfants, son passage cocher avec ses décorations et un perron à 4 colonnes. Par un arrêté du 21 février 1914, l’hôtel fut classé au titre de Monuments Historiques, demandé par la Commission du Vieux Paris à la suite de rumeurs courant sur la possible démolition de l’édifice dans le cadre de l’agrandissement de la Banque de France.

En 1921, les terrains sur lequel l’hôtel a été construit sont expropriés. La Ville de Paris obtint, malgré tout, la promesse des ministres des Finances, des Beaux-Arts et du Gouverneur de la Banque de France de reconstruire l’hôtel à l’identique dans un autre lieu, intégralement financé par la Banque de France. Le 5 août 1923, le Conseil d’Etat déclassa l’hôtel des Monuments Historiques pour permettre sa démolition. le 25 février 1936, le préfet de la Seine pressa, par une lettre officielle, le gouverneur de la Banque de France sur ces intentions claires concernant la reconstitution de l’hôtel et des conditions d’application du projet. Il s’agit probablement l’un des plus grands scandales patrimoniaux du XXème siècle car encore aujourd’hui, les pierres de l’Hôtel n’ont pas trouvé pied à terre, seuls les décors ont été conservés et sont en passe d’être installés au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Rohan. Il ne reste aujourd’hui que des fragments de pilastres et corniches, provenant de la surélévation de l’hôtel au XIXème siècle et visibles sur le mur faisant l’angle des rues Colonel-Driant et Valois.

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A propos de l’auteur : Gino

Rédacteur et créateur de Brèves d’Histoire

Ma soif de savoir et de curiosité m'ont poussé à découvrir Paris d'une autre façon, à travers ces petits vestiges, trop souvent ignorés, qui, pourtant, font partie intégrante du patrimoine de la ville et racontent des histoires passionnantes, parfois tragiques, parfois loufoques.

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