Au 1 rue de Poissy, quatre grilles superposées percent la façade, presque au même endroit à chaque étage. Elles ressemblent fortement aux prises d’air des garde-manger ventilés utilisés avant la généralisation du réfrigérateur.
Le principe était simple : conserver certains aliments dans un meuble ou un petit volume protégé par une toile métallique, mais placé dans un courant d’air. Balzac en donne déjà une image très concrète dans Le Père Goriot, lorsqu’il décrit un garde-manger suspendu près de la fenêtre de la cuisine.
À la fin du XIXe siècle, ces dispositifs sont suffisamment répandus pour intéresser les hygiénistes. En 1897, la revue scientifique La Nature décrit précisément l’air qui traverse les garde-manger parisiens et recommande des toiles métalliques fines pour filtrer poussières et microbes. Le froid domestique avait alors davantage besoin d’un bon courant d’air que d’une prise électrique.
Pour le 1 rue de Poissy, leur disposition régulière en façade et leur aspect correspondent bien à cette fonction. Mais je n’ai trouvé aucun plan ni document d’archives propre à l’immeuble permettant d’affirmer avec certitude que ces quatre grilles desservaient des garde-manger. Le vestige reste donc une interprétation très plausible, pas une identification documentaire définitive.





CommentairesVoir ou ajouter un commentaire
Ajouter un avis