Au 12 rue Jean-Jaurès, la façade ne laisse presque aucune place au doute : au-dessus des fenêtres, l’inscription « VILLE DE VILLEJUIF — BAINS-DOUCHES » est toujours parfaitement lisible. Le bâtiment a changé d’usage, mais il continue d’annoncer sa fonction d’origine près d’un siècle plus tard.
L’Inventaire général du patrimoine date l’édifice de 1928 et l’attribue à l’architecte villejuifois Adolphe Legros. La Ville reprend également cette date pour sa conception. Son PLU donne toutefois 1929 pour la construction : par prudence, il faut donc retenir une réalisation autour de 1928-1929.
Ces bains-douches apparaissent à une époque où la salle de bains et l’eau chaude restent absentes de nombreux logements populaires. Dans l’entre-deux-guerres, les communes multiplient ce type d’équipement pour rendre l’hygiène corporelle accessible à ceux qui ne disposent pas d’installations chez eux.
La façade en brique a conservé une grande partie de son langage d’origine : travées régulières, encadrements clairs, jeux de briques décoratives et surtout le grand cartouche portant le nom de l’établissement. Ce dernier est aujourd’hui le détail qui raconte immédiatement l’ancienne fonction du lieu.
Le bâtiment a longtemps accueilli le centre dentaire municipal Danielle-Casanova. En 2026, la Ville y a installé la Maison de la prévention et du handicap Danielle-Casanova. On ne vient donc plus ici prendre une douche municipale, mais l’ancienne enseigne de pierre est restée en place — assez explicite pour rappeler le temps où l’hygiène faisait partie des grands équipements publics de proximité.





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