Les pierres tombales de la Rue Chanoinesse

Période : 15ème siècle

Il est très rare que je participe à des visites guidées, tout simplement parce que je déteste le tourisme de masse et j’aime encore moins devoir suivre un itinéraire préalablement tracé. Mais bon, comme mon père avait prévu de monter quelques jours sur Paris, je voulais lui préparer quelque chose de spécial en l’emmenant faire une petite promenade sur Paris, hors des sentiers battus. J’ai donc eu l’idée de nous inscrire à une visite nocturne d’1h30 sur le thème « GHOST TOUR OF PARIS » qui promettait une dose de sueurs froides en partant à la rencontre de fantômes qui ont fait naitre de nombreuses légendes urbaines dans la capitale. Petite déception au final car la visite a duré 15 min de moins que prévue et le guide n’étant pas très passionn(é?)ant, les yeux rivés sur son aide-mémoire comme un bachelier mal préparé. Je ne lui en veux pas pour autant, mon père avait apprécié la petite balade nocturne et le guide nous a fait découvrir un vestige caché qui valait le détour.

J’irai marcher sur vos tombes

Arrivés à la porte cochère du n°26 de la Chanoinesse, le guide nous demande de faire moins de bruit. Il compose le code d’entrée qui donne accès à une courette privée étroite, bordée de colonnes de remploi et qui, jadis, faisait la jonction avec la rue des Ursins. A première vue, rien de particulier… Sauf que sous nos pieds, entre deux structures en fer forgé et sous la lumière des lanternes, se dessinent des fragments d’inscriptions gravées à-même la pierre. Impossible à déchiffrer tant le sol est usé par le temps mais on peut deviner qu’il s’agit de caractères gothiques. Le guide nous explique que ces gros pavés étaient des pierres tombales de moines provenant d’anciens cimetières afférents à des édifices religieux du quartier. Au cours du 18ème siècle, l’Ile de la Cité comptaient pas moins de 18 Eglises pour une superficie de 22 hectares. A la même période, de grands travaux d’aménagement tourmentèrent l’Ile de la Cité et de nombreux édifices furent tout simplement rayés de la carte. Les pierres des églises et des tombes ont été réutilisées pour la construction d’autres bâtiments (comme pour le Conservatoire des Arts et Métiers et le Panthéon) ou simplement dans le but de paver les sols comme au numéro 26 de la rue Chanoinesse pour garder les pieds des parisiens au sec en cas de crue. N’est-ce pas surprenant voire même dérangeant ? Qui aurait envie de voir la pierre tombale d’un membre de sa famille foulée régulièrement par des inconnus ?

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A propos de l’auteur : Victor

Rédacteur et créateur de Brèves d’Histoire

Victor

Ma soif de savoir et de curiosité m'ont poussé à découvrir Paris d'une autre façon, à travers ces petits vestiges, trop souvent ignorés, qui, pourtant, font partie intégrante du patrimoine de la ville et racontent des histoires passionnantes, parfois tragiques, parfois loufoques.

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