À l’angle de la rue Saint-Martin et de la rue du Vertbois, une tour marque encore l’ancienne limite du prieuré Saint-Martin-des-Champs. Elle a failli disparaître à la fin du XIXe siècle lors de l’agrandissement du Conservatoire des arts et métiers.
Le 5 octobre 1880, Victor Hugo répond à Romain-Boulenger, qui l’alerte sur le projet de démolition. Sa formule est restée célèbre : « Démolir la tour ? Non. Démolir l’architecte ? Oui. » Le texte original ne laisse aucun doute sur l’objet de la mobilisation : conserver la tour alors menacée.
Les sources historiques postérieures décrivent ensuite une restauration en 1882 par l’État, « suivant le vœu des antiquaires parisiens ». Mais il ne faut pas imaginer une intervention légère. Un procès-verbal de la Commission des monuments historiques, conservé dans les archives du musée d’Archéologie nationale, rapporte une critique très sévère d’Anatole de Baudot : selon lui, la restitution avait été poussée jusqu’à devenir une véritable transformation. La tour a donc bien été conservée, mais son aspect actuel doit beaucoup à cette campagne de 1882.
Je retire donc l’ancienne affirmation selon laquelle la tour visible serait une reconstruction de 1880. La formulation la plus solide est plus nuancée : une tour ancienne sauvée de la démolition, puis profondément restaurée et transformée en 1882. Rien ne permet pour autant d’affirmer qu’elle aurait été reconstruite intégralement à neuf.





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